« IDA DON’T CRY ME LOVE », ODE A L’ART DE LA DANSE

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Bruxelles, correspondance.

CHARLEROI DANSE. « Ida don’t cry me love » de Lara Barsacq, La Raffinerie, Bruxelles, Création le 18-10-2019 Biennale Charleroi Danse 2019.

Charleroi Danse ne se passe pas seulement à Charleroi. La biennale 2019 (qui se déroule du 4 au 26 octobre) se décline aussi à Bruxelles à la Raffinerie. C’est là au bord du canal que Lara Barsacq joue Ida don’t cry me love. Au cinquième étage, il y a le bar avec une vue spectaculaire sur les lumières de Bruxelles la nuit. Puis la salle s’ouvre, et elles sont là sur scène les trois danseuses qui vous attendent (patiemment en attendant que chacun prenne place), tout de noir vêtu, devant une grande toile colorée.

Ode au féminisme. Ida don’t cry me love est une ode à Ida Rubinstein, danseuse des ballets russes qui fit sensation à Paris au début du XXème siècle par sa présence sulfureuse et son charisme. Ida Rubinstein acquit notamment sa notoriété et fit scandale en interprétant Salomé d’Oscar Wilde. Elle se dénuda pour la première fois sur scène en 1909. 110 ans après, c’est ainsi que Lara Barsacq lui rend hommage sur scène en ôtant ses vêtements dès le début du spectacle et en revêtant ensuite son corps de paillettes.

Ode à la vie, et aussi celles et ceux qu’on a perdu. Ida don’t cry me love n’est pas une simple biographie de la danseuse. Les intermèdes de danse (grande et magnifique Marta Capaccioli sur la musique de Debussy) alternent avec des passages parlés où Lara Barsacq et Elisa Yvelin, tout en relatant la vie d’Ida, racontent aussi la leur. Comment vivre la disparition, l’absence, l’éloignement. C’est touchant, drôle, dérangeant parfois. Elisa Yvelin dans son dialogue avec la chorégraphe a des intonations et un humour qui n’est pas sans rappeler le chanteur français, Vincent Delerm.

Enfin ode à l’art, Ida don’t cry me love est un spectacle total : les trois interprètes sont tour à tour danseuses, comédiennes, chanteuses et musiciennes, utilisent la vidéo et les images d’archives, les accessoires aussi. Séquences peut-être quelque peu trop appuyées. Mais, dans cette volonté de montrer tout, c’est aussi une manière de nous inviter, nous les spectateurs, dans la construction du projet, terme que Lara Barsacq préfères employer. Fin sublime avec un chant à trois voix où à nouveau l’émotion côtoie l’humour. Affaire à suivre, Ida Rubinstein n’a pas fini d’inspirer…

Colombe Warin,
à Bruxelles

Un projet de  Lara Barsacq
Création et interprétation par : Lara Barsacq, Marta Capaccioli, Elisa Yvelin
Conseils artistiques : Gaël Santisteva
Scénographie et costumes : Sofie Durnez
Lumières : Kurt Lefèvre
Musique : Nicolai Tcherepnin, Claude Debussy, Maurice Ravel, John Frusciante, Snow Beard, Tim Coenen, Lara Barsacq, Gaël Santisteva

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