BABI BADALOV, « SOUL MOBILISATION », LA VERRIERE BRUXELLES

BABI BADALOV -« SOUL MOBILISATION » – La Verrière, Bruxelles – 29 novembre 2019 – 15 février 2020 – curator : Guillaume Désanges.

Pour le troisième volet du cycle « Matters of Concern | Matières à panser » initié en avril 2019 à La Verrière, l’espace bruxellois de la Fondation d’entreprise Hermès, le commissaire Guillaume Désanges présente une exposition personnelle de l’artiste azéri vivant en France, Babi Badalov.

« La pratique généreuse et foisonnante de Babi Badalov explore de manière concrète — à travers dessins, collages, éditions, peintures sur murs, tissus et objets — les liens entre les images et les mots, et la manière dont la non-maîtrise d’une langue réinvente nos relations au savoir, mais aussi aux autres et au monde, sur le mode de l’étrangeté, de l’altérité et de la poésie.

Entre art brut, classicisme, baroque et punk, ses oeuvres jouent avec virtuosité des formes et des couleurs, usant volontiers de l’arabesque dans l’écriture des mots et slogans sur tous types de supports. Cette calligraphie obsessionnelle, qui est la marque de son art, expérimente une plasticité du langage à travers des jeux de mots, des répétitions et des homophonies, mis en relation avec des images et des matières. Proche du graffiti, elle reste marquée par le décoratif et l’ornement, révélant des filiations entre le dessin et l’écriture que l’Occident a effacées, mais qui existent notamment dans la tradition musulmane, dont l’artiste est en partie issu.

Utilisant des matériaux précaires ou de récupération, dans une esthétique de l’urgence et de la nécessité, ce travail relève d’un artisanat singulièrement stylisé, qui fait preuve d’une grande dignité, voire d’une indéniable séduction, malgré une pauvreté des moyens. À travers cet outil de communication direct, l’artiste aborde des questions sociales et géopolitiques qui font écho à sa propre vie. Intégration culturelle, mondialisation, migration, genre, activisme, post-colonialisme : autant de sujets et motifs qui peuplent sa poésie graphique. C’est même toute une gamme de dénonciations des positions dominantes du monde qu’il interprète, dans une pratique actualisée de l’agitprop

Guillaume Désanges
(Press release)


For the third segment of the season “Matters of Concern | Matières à panser”, launched in April 2019 at La Verrière, the Brussels art space of the Fondation d’entreprise Hermès, curator Guillaume Désanges presents a solo exhibition by the France-based Azeri artist Babi Badalov.

“Babi Badalov’s generous, fertile oeuvre is a concrete exploration — through drawings, collages, publications, wall painting, textiles and objects — of the connection between words and pictures. It delves into the ways in which the non-mastery of a language can reinvent our relationship not only to knowledge, but also to others and the wider world, through a practice of alienation, alterity and poetry. Drawing on art brut, classicism, baroque and punk, his works offer a virtuosic play on form and colour, exploiting the arabesque in a handwritten script of words and slogans on supports of every kind. This obsessive calligraphy — the defining characteristic of his art — experiments with a kind of visual language, through wordplay, repetition and homophones combined with images and materials. Closely related to graffiti, his work bears the stamp of decorative art and ornamentation, and enacts the close kinship between script and drawing, obliterated by the West but which persists in the Muslim tradition, from which Badalov is partly descended. Using fragile or recycled materials, in an aesthetic of urgent immediacy of expression, his work draws on a distinctive, stylised artisan tradition, imbued with immense dignity and undeniably seductive appeal, despite its inherent poverty of means. Through this direct channel of communication, the artist addresses the social and geopolitical issues reflected in his own life and experiences. Cultural integration, globalisation, migration, gender, activism, post-colonialism: these are the themes and motifs that populate his graphic poetry. In a practice identifiable as ‘contemporised agitprop’, Badalov launches a broad gamut of attacks on the dominant ideologies of today’s world.” Guillaume Désanges

Image: Vue de l’exposition de Babi Badalov « Fuck Golf », 2015, Kunstraum (Munich), courtesy de l’artiste et de la galerie Jérôme Poggi, Paris. © Thomas Splett

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