LA SEMAINE D’ART EN AVIGNON : ENTRETIEN AVEC RAOUL COLLECTIF

LA SEMAINE D’ART EN AVIGNON : « UNE CEREMONIE » Création 2020 – De et par RAOUL COLLECTIF (Théâtre) – Du 28 au 31 octobre / Théâtre Benoît XII, Avignon.

Inferno : Pourriez-vous nous parler de la genèse de votre pièce « Une cérémonie » ?
Raoul Collectif : Avec Raoul collectif, nous avons une manière particulière de créer nos spectacles car nous sommes aussi bien les auteurs, les metteurs en scène que les comédiens. Dans les deux précédents spectacles, nous étions tous les cinq sur le plateau. Dans ce troisième spectacle, nous avons eu envie de poursuivre nos préoccupations et d’agrandir l’équipe présente sur le plateau, de faire de la musique. On avait aussi le jazz en ligne de mire. La genèse du jazz est en Afrique et c’est pour ça qu’on est partis au Bénin. Nous y avons fait la connaissance d’une famille qui nous a appris des rythmes vaudous avec lesquels nous sommes revenus en Europe pour bricoler quelque chose autour de ça.( …)

Il faut ajouter que nous sommes allés au Bénin parce qu’au fil de nos rencontres, nous nous somme intéressés aux différentes manières de raconter des histoires (…) Nous avons ainsi rencontré les griots et leur manière si particulière de raconter des histoires et la famille Anagoko avec laquelle on a pu se plonger dans la musique vaudou. Si on était là bas, c’est aussi parce que le sacré, le rituel, est quelque chose d’important pour nous, quelque chose qui nous travaille depuis très longtemps. Ça fait partie de la genèse de notre collectif. Après douze ans d’existence, bizarrement, nous nous sommes interrogés sur notre idéalisme et sur notre rapport au sacré et au rituel. Et c’est peut-être ça qui est à l’origine de ce spectacle (…).

Comment êtes-vous entrés en contact avec cette famille ?
On avait envie de travailler sur le jazz et nous avons rencontré un super trompettiste, Laurent Blondiau, qui est en réseau avec les Anagoko. Leurs rythmes béninois traditionnels de transe donnent l’impression de ne pas évoluer mais sont en réalité extrêmement codés. En tant qu’occidentaux, blancs, nous ne pouvons pas cerner cela, d’autant plus que nous ne sommes pas des musiciens de haut niveau. C’est d’ailleurs ce qui est fantastique pour nous qui arrivons dans leur monde et qui tentons tant bien que mal de normaliser ce que eux font de manière instinctive. Dès qu’ils sont petits, ils ont un tam-tam pour entrer dans le rythme et contribuer à l’évolution de la musique. C’est un langage incroyable qui nous a été donné de voir et nous l’avons retranscrit plus ou moins fidèlement.

A l’intérieur du collectif, comment avez-vous travaillé ce spectacle ?
Il y a une partie de notre travail liée au temps —du fait qu’il n’y a pas de décideurs— et une autre partie liée à la compréhension de ce que l’on veut dire. Parce qu’il n’y a pas un langage pour parler à cinq et s’entendre…C’est quelque chose à inventer. Souvent, on arrive à comprendre ce qu’on a mis en place plusieurs semaines plus tard. Nous avons besoin d’un espace de décantation progressive pour arriver au niveau suivant de compréhension, lequel n’est pas conscient immédiatement.

Propos recueillis par Camilla Pizzichillo

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