« RACHEL, MONIQUE, » LA VIE CELEBREE D’UNE MERE : SOPHIE CALLE AU FESTIVAL D’AVIGNON

FESTIVAL D’AVIGNON 2012 : RACHEL, MONIQUE exposition de SOPHIE CALLE / Eglise des Célestins / Avignon / Jusqu’au 28 juillet 2012.

Sophie Calle est présente à Avignon avec son installation « Rachel, Monique » à l’église des Célestins. Un travail autobiographique et émouvant, puisque l’artiste retrace la vie de sa mère disparue en 2006, à partir du journal intime de celle-ci. Pour l’inauguration le 7 juillet dernier, Sophie Calle lisait sous la superbe nef de l’église désaffectée des extraits de ces carnets, une performance discrète qu’elle poursuivra de manière aléatoire tout au long de ce 66e Festival d’Avignon.

Seize cahiers constituent l’intégrale de cette autobiagraphie maternelle. Une femme complexe, à l’identité multiple puisqu’aussi bien elle s’est fait successivement appeler Monique, Rachel ou par tout autre prénom au gré d’une vie visiblement très occupée. L’exposition quant à elle, se situe dans le droit fil de l’oeuvre de l’artiste : mi-documentaire, mi-poétique, elle alterne photographies accompagnées de leurs cartels, textes et citations diversement gravés ou peints, objets personnels et ex-votos, sculptures, films et installations.

Notons la superbe suite de « tombeaux », photographies grand format de stèles réelles ou fictionnelles posées en enfilade à même le sol minéral de l’église. Ou encore, la fameuse girafe de Rachel, les petites chapelles dédiées à la mémoire où il est demandé de ne pas voler d’images, et enfin cette série documentée dans le grand Nord, où l’artiste est venue ensevelir dans la glace bague et autres objets intimes d’une mère qui n’avait jamais pu faire ce voyage au pôle auquel elle avait tant aspiré.

Une suite de pièces sensibles, parfois quasi-minimlistes, et d’autres qui, ex-votos modernes, confinent presque jusqu’au kitsch. La palette de l’artiste conceptuelle est riche d’une multitude de propositions souvent très plastiques et toujours fort élégantes. Une oeuvre qui fut par ailleurs montrée la première fois en 2010 au Palais de Tokyo, dont Sophie Calle propose une nouvelle version, revisitée spécialement pour le Festival d’Avignon.

Sur la tombe de Monique au cimetière Montparnasse seule une épitaphe apparaît : « Je m’ennuie déjà ». Un pied de nez à la vie dont la mère de l’artiste était si friande et qu’elle a semble t-il goûtée goulûment. Sophie Calle lui offre avec cette exposition délicate un superbe hommage d’amour et de tendresse.

La lecture que Sophie Calle propose des carnets intimes maternels continuera tout le temps du festival, par séquences choisies au hasard par l’artiste. Nul besoin de préciser qu’il est du plus grand intérêt de faire coïncider la visite de l’exposition avec la présence magnétique de l’artiste et sa voix troublante qui restitue sans les connaître au préalable, les mots secrets d’une femme en tout point extraordinaire.

Marc Roudier

Exposition Rachel, Monique, festival d’Avignon, du 8 juillet jusqu’au 28 juillet. Eglise des Célestins, Avignon. 11h-18 h, Avignon. 5€. www.festival-avignon.com/
Edition : Rachel, Monique, éditions Xavier Barral, 49 €.

Visuels : 1/ Sophie Calle lisant en l’église des Célestins / 2 et 3/ vues de l’installation « Rachel, Monique » / photos Chiara Funari pour INFERNO / Copyright Sophie Calle et Festival d’Avignon 2012.

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