TATIANA TROUVÉ, « A QUIET LIFE » : UN HABITAT, UN ARRÊT DANS LE TEMPS

« A quiet life », exposition de Tatiana Trouvé, un habitat – Galerie Kamel Mennour, jusqu’au 24 novembre 2018. 

Quand elle conçoit une exposition, Tatiana Trouvé s’interroge sur les éléments structurels de l’espace pour ouvrir de nouvelles possibilités de perception de celui-ci. Ses œuvres, bien souvent réalisées in situ, invitent le spectateur à se projeter dans un espace-temps.

Pour « Quiet life », sa nouvelle exposition personnelle à la galerie Kamel Mennour, elle présente des œuvres qui contiennent en elles une histoire, un univers à la fois familier et inquiétant. Dès l’entrée, des objets, de bric et de broc suggèrent un état d’attente, ou bien témoignent d’un passage, d’un moment de pause, d’une arrivée. L’artiste, par la virtuosité de son travail de sculpteur, trompe le visiteur. Il s’agit de sculptures réalisées en matériaux nobles, marbre, bronze, acier… qui habitent la galerie, devenue lieu de vie de l’artiste.

Puis, on découvre, dans une grande salle, plusieurs ensembles de matériaux posés sur des supports, en attente. Des bâches qui bougent grâce à la présence d’un ventilateur donnent une impression d’un travail en cours. Tatiana Trouvé a figé des situations du quotidien de son atelier, ce lieu à la fois de création plastique et de réflexions, là où l’art et la vie s’entremêlent. L’artiste précise en effet : « L’atelier est à la fois un espace physique et un espace psychique. Il est relié à tout un ensemble d’êtres et de choses qui le constituent, mais il est aussi un milieu où les idées et les choses se relient (un lieu où les idées deviennent des choses et où les choses deviennent des idées), animé par l’esprit, par le conscient et par l’inconscient, par les choses elles-mêmes. » Ses installations témoignent d’un arrêt sur un moment. Elles incarnent du temps, celui du passé et celui du futur et incitent à s’imaginer une situation vécue ou à venir. Elles proposent une expérience d’archéologie d’un paysage.

Dans une autre pièce, « Les Indéfinis » propose une autre histoire. Cette installation, composée de structures métalliques posées sur des socles, évoque des œuvres en attente d’être installées, mises en boîtes, rangées ou à transporter, en vue d’une présentation à venir.

Cette exposition invite à rentrer dans l’intimité de l’artiste qui a livré des traces de son lieu de travail. Le titre « Une vie silencieuse » exprime une tension entre des matières, figées, inanimées et la possibilité de leur transformation. Les installations de Tatiana Trouvé présentent à la fois une fixation d’objets du quotidien et l’ajout de pièces en équilibre. Ce qui provoque la sensation d’une présence fantomatique. L’artiste propose également une expérience de découverte d’un espace où le temps aurait laisser des traces.

Pauline Lisowski

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