« MES JAMBES, SI VOUS SAVIEZ, QUELLE FUMEE… » : PIERRE MOLINIER STILL ALIVE

Autour de Pierre Molinier : « Mes Jambes, si vous saviez, quelle fumée… » / mes Bruno Geslin / Théâtre de Nîmes /2 et 3 octobre 2012.

Après avoir été artiste associé au Théâtre de Nîmes, Bruno Geslin et la compagnie La Grande Mélée reprennent un spectacle créé en 2004 autour de la vie et de l’œuvre du peintre et photographe Pierre Molinier.

Nous sommes accueillis à l’entrée du théâtre de l’Odéon à Nîmes avec un 33 tours d’une séance d’hypnose passé en 45 tours. La salle se plonge dans l’ambiance et l’écoute se fait plus accrue. Sur la scène, des paravents japonisants créent une trois espaces distincts. Au centre un drapé sur lequel on projettera des vidéos de jambes, de fumée, des photos ou des vidéos éroticomiques.

Deux monstres (dixit la définition du Robert : « choses bizarres, incohérentes, formées de parties disparates ») entrent en scène. A la fois féminin et masculin, à la fois beaux et laids, ces deux hommes, Pierre Maillet et Nicolas Fayol, vont jouer devant nous les mémoires réelles et imaginaires d’un des membres de la société des artistes indépendants bordelais : Pierre Molinier.

Le spectacle oscille entre textes issus d’entretiens qu’a donnés Molinier, images réinventant le style des photomontages de l’artiste et superbes chorégraphies pour jambes en jarretelles. Un spectacle à la fois férocement drôle et drôlement bandant. C’est très osé, carrément érotique mais bien plus pudique que la pornographie ambiante de nombreuses salles de spectacles. « Ce spectacle n’est pas pour les enfants » prévient-on dans le programme.

Dans un espace à la fois boîte à partouze et cabinet de curiosité, Bruno Geslin crée une ambiance : c’est là qu’il est le plus doué. Un projecteur, un fond sonore et l’exaltation d’un corps ou d’un rire. Ce metteur en scène profondément humain rend beau et con à la fois son semblable avec une tendresse et une intelligence rare.

Cette pièce propose trois versions de l’artiste vu par lui même : le fantasme de son être, sa belle personne vue de l’esprit ; la version drôlement prosaïque de lui-même et la vision de sa féminité. Ce spectacle d’hommes, qui montre avec magnificence la beauté et la drôlerie masculine pêche un peu sur son pendant féminin. La vision d’un couple empli de sensualité est beaucoup plus réussie dans Je porte malheur aux femmes, mais je ne porte pas bonheur aux chiens.

Dans Mes Jambes, si vous saviez, quelle fumée… ce qui est jouissif pour le spectateur, c’est que l’on sent tout du long le plaisir des deux interprètes, à se plonger à la fois dans la drôlerie et dans l’érotisme, dans l’éroticomique inclassable de ce spectacle.

C’est l’histoire d’un homme libéré qui a une passion pour les gaines, pour ce qui enserre. Dans notre époque où le retour du guindé fait fureur, ce spectacle est salutaire car il n’est ni vulgaire, ni provocateur. Il est couillu. Et « entre nous, avoir les couilles de Molinier c’est quelque chose ».

Bruno Paternot

Visuels : 1/ Le spectacle de Bruno Geslin / 2,3,4 / oeuvres de Pierre Molinier / copyright ADAGP

Comments
One Response to “« MES JAMBES, SI VOUS SAVIEZ, QUELLE FUMEE… » : PIERRE MOLINIER STILL ALIVE”
  1. Pascal Rousse dit :

    Zut alors, c’est pas juste ! À quand une représentation à Paris ? 😉

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