DAVID LACHAPELLE : EARTH LAUGHS IN FLOWERS

Corrrespondance à Pise.
PHOTOGRAPHIE : Rétrospective David Lachapelle / Luc.c.a. museum/ Lucca / Italy / Jusqu’au 4 novembre 2012.

Le Centre d’Art Contemporain Luc.c.a. présente la rétrospective sur le photographe David Lachapelle. 53 photographies qui racontent l’histoire de l’artiste américain, initié au Pop Art par Andy Warhol.

Glamour, surréaliste, théâtral, Lachapelle construit des scénographies, collabore avec des acteurs et travaille l’image comme un peintre. Un compositeur méticuleux pour qui rien ne peut être laissé au hasard et à l’improvisation. C’est l’artisan du moment plein, le photographe de l’idée. Le musée Luc.c.a. présente une rétrospective divisé en dix sections thématiques et propose les plus célèbres séries de l’artiste américain, de Plastic People à Dream evokes Surrealism, de Art Reference à Star System, jusqu’à After The Pop, souvenir de la collaboration avec Interview et du lien décennal avec Andy Warhol.

La vanité et le désir d’affirmation personnelle sont les protagonistes de chaque photo de l’exposition, présentées dans la forme la plus extrême et ironique, et encadrées avec la solennité des lieux saints de l’opulence. Vitrine des vices de la popularité, la série Star System est dédiée à des célébrités du monde de la musique, de la mode et du cinéma, et braque les projecteurs sur les passions et les phobies de personnages condamnées au cercle infernal de la visibilité éternelle. Lady Gaga, Elton John, Paris Hilton et Michael Jackson deviennent sujets mythiques des cadres surréels, ou comédiens d’une intimité grotesque et invraisemblable.
Une lumière très faible, une longue exposition, de la fumée dans l’air, sont les ingrédients de la photographie de Lachapelle et du dialogue entre modèles et chefs-d’œuvre de l’histoire de l’art. Comme dans Art References, où Angelina Jolie revit dans l’Extase de Sainte Thérèse par Gian Lorenzo Bernini, et où une blonde Vénus, inspiré par l’œuvre de Botticelli, se présente recouverte sur le pubis par une coquille ironique.

Il y a aussi la série du 2006 Déluge, une série inspirée par les chefs-d’œuvre de la Chapelle Sixtine de Michel-Ange, parmi lesquels se distingue After the Deluge : the Cathedral. La cathédrale s’est échappée de la punition biblique et donne hospitalité à saints et incroyants en quête de rédemption, dans la même pose de La vocation de Saint Matthieu du Caravage. Chaque détail est étudié en détail, de la table en équilibre instable dans l’eau aux vitraux colorés. Une scène étudiée depuis longtemps avec de vrais personnages et de vrais objets, comme aurait pu faire un peintre de l’époque. Dans le style baroque notons aussi  la série Deluge (Awakened), instantanés de métaphysique pop, où corps en suspension dans l’eau sont immortalisés dans l’inquiétant attente d’un réveil.

Lachapelle joue la marche funèbre de la société contemporaine, il en exaspère tons et couleurs et en dépose les cendres devant l’autorité de la tradition de la peinture. D’un poème de Emerson vient le titre de la série de natures mortes Earth laugh in Flowers où l’artiste recueille prothèses, cigarettes et papier toilette, pour des explosions d’une joie florale réalisées avec des couleurs saturées et artificielles. “Earth laughs in flowers to see her boastful boys”, écrivait le philosophe américain, les fleurs sont le sourire de la nature contre la vantardise de ses filleuls. On trouve la vanité et l’arrogance humaine aussi représentées dans Destruction and disasters, où des modèles inconscients défilent sur paysages dévastés par des catastrophes naturelles et technologiques.

Si dans la série Excess, excès sexuels et obsessions deviennent paroxysme, excitation, irritation, dans Plastic People le corps comme objet de consommation est comme du latex soumis à la chirurgie plastique et à la musculation, une poupée gonflable qui glisse sans vie d’un canapé en cuir. Le corps, la beauté et la gloire sont immortalisées par Lachapelle sous la menace d’une vanité capable de s’acharner contre elle-même. Lachapelle nous parle de la malédiction de la possession, de l’enfer de la beauté. Son remède est que « l’on ne doit pas oublier que nous pensons seulement posséder les choses, en réalité tout est emprunté ».

Daniele Ricci

Toutes photos copyright David Lachapelle 2012.

Comments
One Response to “DAVID LACHAPELLE : EARTH LAUGHS IN FLOWERS”
  1. Dommage que je ne suis pas en Italie, j’y aurais bien été moi à cette rétrospective! Merci pour ces quelques images 🙂

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