UNDERMAN : L’ENERGIE NORDIQUE DE CIRKUS CIRKÖR

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Underman / Cie Cirkus Cirkör / Vu le 13 novembre 2012 / Théâtre municipal de Carcassonne.

La programmation du théâtre municipal de Carcassonne propose tout au long de l’année toute une série de spectacles tape-à-l’œil censés plaire à un très grand public qui sera prêt à payer une cinquantaine d’euros pour aller voir une star dans une pièce peu ambitieuse produite à Paris et à la mise en scène souvent bâclée.

Malgré tout, quelques événements peuvent attirer l’attention. La programmation jeune public a été laissée à la discrétion des ATP (dont le programmateur Joël Morette fait un vrai travail de terrain et de médiation) et seule la programmation musique (choisie majoritairement par l’Orchestre de Montpellier Languedoc-Roussillon) et cirque est digne d’intérêt. Mais, sans véritable effort de médiation, ses œuvres trop peu clinquantes et pas assez mises en avant passent à la trappe. Ainsi, le spectacle « Underman » de la compagnie Suédoise Circus Cirkör n’a attiré qu’une grosse cinquantaine de spectateurs et la salle de quelque 800 places paraît vraiment vide. Dommage, même si elle manque un peu de rythme, cette pièce circassienne vaut le détour à bien des égards.

Il est toujours intéressant de voir comment l’on crée ailleurs et les dramaturgies nordiques sont, en Europe, très différentes de ce que l’on peut voir en France. Les cirques viennent souvent d’Amérique du Nord ou des pays du Sud de l’Europe. Ici, 3 acrobates aux airs de bûcherons donnent la réplique à un musicien aux allures de Thomas Fersen (grand, lunaire et jouant du Ukulélé). On nous met de suite dans l’ambiance, pas de paillettes, pas de jeunes gens séduisants et performatifs.

Les numéros sont entrecoupés de confidences dites au micro : il sera question de solitude, de rencontres amoureuses dans les salles de spectacle et de l’énergie qu’il faut dépenser pour vivre en groupe, qu’il soit amoureux ou collectif.

Il n’est pas rare que les propositions circassiennes traitent de l’équilibre et donc de la chute. Ici, nos trois hipsters (chemise à carreaux, barbe longue et grosses lunettes) sont bien plantés sur leurs jambes, que ce soit pour jongler avec des poids voire avec le corps de leurs camarades.

Deux grands gaillards qui jouent à la marelle, éclairées par des lyres (projecteurs qui créaient des rayons de lumières que l’on voit plus aux concerts de Rock qu’au théâtre) restent une vision du monde qui sort des sentiers battus.

Le spectacle ne joue jamais sur la performance, mais plutôt sur la mise en scène, sans trop de dramaturgie malheureusement, du rapport de force entre l’objet de cirque (poids, cercle, rubickscube même !) et l’être humain. Il se clôt sur la mise à mort d’un Ukulélé inaccordable, écrasé violemment par un des poids. Fini la poésie, les Suédois sont là.

Bruno Paternot

http://www.cirkor.se/content/underm%C3%A4n?language=en

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