FESTIVAL DE MARSEILLE : SASHA WALTZ, BILL T. JONES, HUBERT COLAS… OUVERTURE CE 19 JUIN

Sasha Waltz

FESTIVAL DE MARSEILLE Danse et arts multiples / Du 19 juin au 12 juillet 2013 / Divers lieux, Marseille.

Près de 4 semaines de Festival, 6 créations, 7 coproductions et premières en France, une en Europe, le Festival de Marseille ouvre ses portes ce 19 juin.

Les œuvres présentées sont libres de toute spéculation intellectuelle, subversives à certains moments, apaisées et plus « classiques » à d’autres. Aucun thème particulier ou esthétique prédéfini ne les relie, et pourtant… Comment ne pas être fasciné par le sentier lumineux dessiné entre le Japon et la Belgique par Ryoji Ikeda, Shiro Takatani ou par Pierre Droulers ? Chacun interroge la lumière et la matière orchestrant subtilement les apparitions et disparitions de ses danseurs-performeurs.

Superposition, hors du temps et de l’espace, mystérieux, dans Chroma de Shiro Takatani, qui inverse les aiguilles du temps, de la mort à la naissance, du noir à la lumière. Ou encore chez Pierre Droulers, qui filigrane Soleils, des subtilités du bunraku japonais, de la fièvre d’Orfeu Negro et de l’incandescence de la poésie d’Emily Dickinson et de Dylan Thomas. S’il est un chorégraphe pour lequel la lumière et l’ombre, le temps insécable et impitoyable ne sont pas des notions abstraites, c’est bien Bill T. Jones.

Lui qui écrivait dans son roman Dernière Nuit sur Terre : « en 1955 le monde n’était que des ombres noires dans le soleil couchant » sillonne le monde depuis 30 ans. Sans renoncer, jamais. Il vient à Marseille pour la première fois et ouvre le Festival le 19 juin avec 2 œuvres-clés de son répertoire : Continous Replay, D-Man in the Waters et une création récente : Ravel : Landscape or Portrait ? dont la musique sera interprétée en direct par l’Ensemble C Barré. De la côte Est à la côte Ouest, de New York à San Francisco, un autre chorégraphe mythique pose lui aussi pour la première fois à Marseille les initiales de sa compagnie AKLB : Alonzo King LINES Ballet. Ligne mélodique, ligne de vibration, frontière ou éternité… On découvrira Resin, un hymne méditerranéen à la musique séfarade et à la « diaspora de la diaspora » qui entrelace inlassablement musiques, peuples et cultures.

Une autre grande figure de la danse contemporaine internationale, Ohad Naharin a fait le choix de cette édition pour se découvrir et se livrer avec une puissance et une émotion rares. Au travers de Sadeh 21, sa dernière création, et de Deca Dance, calqué sur sa vie : 10 ans de mémoire vive au sein de Batsheva, sa compagnie.

Le temps toujours… Dans cette grande fresque, les jeunes générations ont leur place, entre héritages difficiles et renouveaux à inventer. Hubert Colas et Sonia Chiambretto, Nathalie Négro, Christophe Haleb créent trois nouvelles pièces : GRaTTe-CieL, 80 000 000 de vues et FaMa. Ils y confrontent leur histoire à la grande Histoire. Alger, la Ville blanche, ses déchirements et ses meurtrissures, l’Égypte et son Printemps arabe où Nathalie Négro a trouvé Asmaa Mahfouz, la nouvelle Antigone des temps modernes et des réseaux sociaux. À chaque époque sa FaMa ! Pour Christophe Haleb, la redoutée déesse de la renommée et des ragots assassins devient prétexte à une installation-spectacle qui oscille entre le temps humain, réel et contingent, et le temps du mythe.

Si la gravité, la beauté et l’humanité abîmée par mille souffrances irradient douloureusement Körper, c’est pour mieux dire la résistance, l’espoir, le possible après le néant. Sasha Waltz l’a conçu au moment de la naissance du Musée Juif de Berlin. Cette pièce- culte est reprise pour le Festival et témoigne de plus de 10 ans de confiance et de complicité fructueuses avec une chorégraphe majeure de la scène allemande et mondiale.

Ailleurs, la légèreté et la fugacité de la vie ont inspiré 3 artistes francs-tireurs : Georges Appaix, « le liseur », joue à martyriser l’alphabet, exigeant de lui cette fois-ci des mots, des phrases dans Univers Light Oblique… Tandis que l’inclassable Christian Partos fait voler en éclats quelque 5 000 morceaux de verre juste pour M.O.M., son Miroir à Orientations Multiples qui n’est autre que le portrait de sa Maman chérie.

Cette « première saison dans la saison » du Festival s’achèvera le 11 juillet au Silo avec l’homme-clé de la danse contemporaine sud-africaine, Gregory Maqoma. Kudu, sa dernière pièce, vibre de nuances chromatiques, celles des notes bleues jazzy et funky du trompettiste Erik Truffaz. Tellurique, joyeuse, vivante et vivifiante tout comme cette fête avec le GMEM, le 12 juillet, le temps d’une nuit d’été à la Campagne Pastré, du nom de Lily Pastré. Mécène et comtesse, si fantasque, si libre, si artiste… (Apolline Quintrand).

http://www.festivaldemarseille.com/

Visuel : la chorégraphe Sasha Waltz

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