« FAMA » : CHRISTOPHE HALEB A LA CITE DES ARTS DE LA RUE A MARSEILLE

FAMA - © SeÃŒ bastien Normand2

FAMA / Christophe Haleb / cité des arts de la rue / Dans le cadre du Festival de Marseille / du 29 août au 22 septembre, Marseille.

« Fama », la renommée, le bruit qui court, qui ricoche, se disperse. Une danse, un espace, une musique et des films. L’expérience à laquelle nous propose d’assister Christophe Haleb est comme cette « Fama » : évanescente, irréelle, en voie de diffraction.

Un panorama esthétique
Le chorégraphe marseillais a, dans ce projet, une intuition géniale. Celle d’associer, au sein d’une œuvre globale, un maximum de stimuli sensibles afin de réaliser un panorama esthétique extraordinaire. En effet, l’artiste est ici démiurge, grand ordonnateur au milieu de différents corps de métier et assembleur d’images, de sons et de mouvements. Sa vision fait office de partition.

Autour de lui se sont rassemblés nombre de collaborateurs issus de divers domaines artistiques. Une épopée individuelle et commune en somme, où danse, performance, installation vidéo et plastique dialoguent. Un chef opérateur, un monteur, un truquiste, un compositeur, des artistes plasticiens, et des danseurs enfin, qui animent un paysage fantasque dans lequel divague le spectateur.

Ce paysage est mouvant. Technologique, grâce à une composition musicale et bruitiste absolument sublime, ainsi que par une création vidéo envoutante, placée sur trois écrans géants. De bric et de brocs ensuite, comme cette Amérique caraïbe que Christophe Haleb connaît bien. Sculpturale enfin, avec cet immense refuge de carton dont la forme n’est pas sans rappeler l’architecture protéiforme de l’agence Jakob + MacFarlane[1].

Une eau trouble
La « Fama » évolue dans cet environnement aux contours incertains et aux références multiples, multilingues et finalement troubles. Le corps des danseurs est son véhicule. Ce corps sauvage, pensée qui s’éparpille et se dilate dans le corps mousseux du public. Sa danse emprunte au chamanisme ses convulsions animales et son obscurité symbolique. Elle fait signe mais d’un inconnu qui nous dépasse. Nous ne saisissons pas ses chemins et nous perdons parfois avant de l’avoir saisie.

Seules des bribes visuelles se détachent et quelques sensations fugaces s’accrochent à notre peau. Mais rien de cohérent dont notre cerveau puisse se saisir afin de se l’approprier. De ce monde créé ex nihilo par une orchestration de plusieurs formes d’expression, aucun sens, tant physique qu’intellectuel, ne se dégage. La pièce à laquelle on assiste, cette « exposition vivante », nous laisse perdus au milieu de ses nombreux éléments scéniques et scénographiques.

On assiste à Fama comme on s’aventure sur des terrains d’exploration créative jusque là peu visités. Nous testons notre propre capacité à évoluer de façon autonome dans un univers à la fois monstrueux et décalé. C’est excitant, décevant, mais plein de promesses.

Quentin GUISGAND

FAMA - © SeÌ bastien Normand

FAMA - © SeÌ bastien Normand 3

Fama est présenté à la cité des arts de la rue (Marseille) par le Festival de Marseille du 29 août au 22 septembre sous un format exposition, et le 21 septembre sous sa forme performative. http://www.lazouze.com

Photos : © Sébastien NORMAND

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