MICHAEL EST MORT, VIVE MICHAEL : VALERIE BELIN & I COULD NEVER BE A DANCER AU CENTRE POMPIDOU

Photo © Michael Huard

MICHAEL EST MORT, VIVE MICHAEL : Performance de Valérie Belin et I Could never be a dancer / Centre Pompidou – Festival Hors piste – le samedi 18 janvier à 18h.

Valérie Belin et le duo de chorégraphes I Could never be a dancer, ont présenté, dans le cadre de la 9ème édition du Festival Hors piste, consacrée au biopic, une performance autour de Michael Jackson. Il s’agit de la continuation d’un travail qui avait fait l’objet d’une commande à la photographe par le Centre Pompidou, et y avait été joué pour la première fois en avril 2013.

Valérie Belin s’attache souvent, dans son travail de photographe, à «retirer l’aspect vivant de ses modèles», à déréaliser l’image. En ressortent des personnages qui semblent comme figés, transis, inanimés, plastifiés. Poupées de cire « jacksonifiées » qui seraient les bienvenues chez Madame Tussauds.

Elle est ici partie d’une série de photos de sosies de Michael Jackson qu’elle avait faite en 2003. Figure protéiforme s’il en est, qui a progressivement effacé tout ce qui constituait son identité physique, il était l’objet idéal pou aborder le thème du simulacre et interroger le pouvoir de duplication de la photographie. Elle avait à l’époque travaillé avec une quinzaine de modèles, dont les imperfections l’intéressaient. Elle avait en effet choisi des répliques plus ou moins conformes qui étaient loin d’une recherche d’identification à outrance qui les aurait poussées à des transformations chirurgicales et dont la ressemblance avec la pop star était le fruit d’un travestissement provisoire qui passait par des artifices visibles (maquillage, perruques, faux nez…) De cette série n’ont été gardés que 5 portraits.

La gageure, pour l’artiste, était de passer de cette série photographique, ancrée dans une temporalité figée, à une performance inscrite dans le temps et dans l’espace. Elle s’est demandé comment fixer le mouvement, comment retrouver une distanciation par rapport au vivant. Pour mettre en forme ce projet scénique, elle a fait appel à I Could never be a dancer.
Cinq faux jumeaux donc, qui se ressemblent beaucoup ou pas du tout, évoluent sur un plateau partagé en deux espaces distincts et complémentaires : à cour les loges, à vue, lieu de préparation et de métamorphose ; à jardin la piste de danse, surexposée, où les performers, enfin dans la peau et le costume de leur idole, reprennent ses chorégraphies et ses pas les plus mythiques (le moonwalk, le sidewalk, …). Parfois il y en a un ; parfois ils sont plusieurs à endosser le même costume et à danser en miroir, mais jamais sur la musique de la star. Un dernier pas de danse une fois démaquillés, puis ils repartiront comme ils étaient arrivés, sans artifices, en civils.

Si on ne peut pas vraiment parler de progression dramatique, on ne peut nier qu’il y ait un cheminement, au moins scénique. Voir ces variations autour de cette idole polymorphe et énigmatique est à la fois intrigant, troublant et inquiétant. Le rythme lancinant a un côté hypnotique qui n’est pas désagréable.

Pendant toute la performance les portes sont restées ouvertes au spectateur, qui a pu arriver et repartir librement. Mon expérience a duré 1h30.

Caroline Simonin

http://www.myra.fr/performance-valerie-belin-i-could-never-be-a-dancer

Photo Michel Huard

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