JASON MARTIN : « GESTURAL UBIQUITY » CHEZ THADDAEUS ROPAC

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Jason Martin / «Gestural Ubiquity / Ubiquité gestuelle» / Galerie Thaddaeus Ropac, Paris Marais/ 22 février – 21 mars 2014.

La Galerie Thaddaeus Ropac, dans le Marais, consacre une exposition personnelle au peintre anglais Jason Martin. La galerie se transforme en une chapelle de sérénité dédiée aux vibrations des pigments et aux paysages cachés dans la matière picturale même.

La lumière zénithale de la galerie confère une luminosité naturelle à l’espace qui vient sublimer les reliefs annoncés dans les oeuvres de Jason Martin. La découverte se fait en deux temps, un temps d’hallucination, où la vibration de la couleur, les pigments des toiles, hypnotisent l’oeil et perturbent la rétine. Puis au fur et à mesure de la marche, en arrivant au plus près du tableau, le visiteur découvre une multiplicité de reliefs et de sillons qui apparaissent dans le surplus de peinture organique. Sous le regard, se révèlent des paysages accidentés, des histoires mystérieuses à décrypter, une poétique sous forme de palimpseste pictural.

Dans sa précédente exposition chez Thaddaeus Ropac Paris en 2006, intitulée «Nudes», Jason Martin présentait des peintures à l’huile montrant certes la même recherche moderniste «chorégraphiée» de la peinture gestuelle et une constance monochromatique et chromatophore, toutefois le rapport à la toile était différent, les couleurs translucides lissées sur le support réfléchissaient la lumière, telle une mise à nue du geste offert sans pudeur au regardeur. Avec «Gestural Ubiquity», la matière déborde – tout en témoignant d’une maitrise parfaite des surfaces -, les gestes sont accumulés, les pigments deviennent absorbant, omniprésents, purs.

Les couleurs créées par Jason Martin à base de pigments naturels appliqués ici par accumulation sur les toiles, fascinent, attirent le corps vers la toile, et provoquent une étonnante sensation de plénitude. L’accumulation de matière picturale accroche le regard et la lumière, la mémoire aussi. Cette mémoire des paysages immémoriaux, enfouis en soi et oubliés ; ces paysages de désordre, inconstants et pourtant vieux comme le monde, dont les volutes et les amas de matière provoquent tantôt admiration tantôt dégoût. Les souvenirs d’une topographie de tempête intérieure.

En s’éloignant, l’oeuvre est une peinture aux couleurs vibrantes et hypnotiques ; en s’approchant la couleur s’approprie le regard, le happe, la matière enveloppe et dépasse le support. Ce dernier ne suffit plus, la toile semble vouloir explorer la troisième dimension, et s’échapper de sa dimension traditionnelle. La peinture devient sculpture. Le geste est omniprésent.

Moïra Dalant

Jason Martin -Gestural Ubiquity- install view photo Charles Duprat 5895_300dpi

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Photos: Charles Duprat / Courtesy Galerie Thaddaeus Ropac Paris/Salzburg

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