TRIBUNE : COMMENT LA GAUCHE LIQUIDE LA CULTURE

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TRIBUNE : Comment la Gauche « liquide » la Culture.

Ce 1er octobre, le Syndeac et les principales coordinations du spectacle vivant ont appelé à une large mobilisation autour du statut de l’intermittence, des coupes budgétaires sans précédent que le gouvernement socialiste fait subir à la culture, et plus généralement, pour parer aux restrictions qui impactent sous couvert « d’économies », l’ensemble des acteurs du secteur culturel, dont la presse culturelle, qui n’est hélas pas la dernière à en subir les conséquences.

Il est tout de même paradoxal qu’un gouvernement élu sur un programme de « gauche », réalise -au nom d’une orthodoxie libérale fort en cour au sein de l’Union européenne – une politique clairement rigoriste, au détriment -notamment- d’un secteur culturel déjà fort secoué par les assauts incessants qui après dix ans de gouvernance de droite, ont grévé lourdement ses capacités à créer, évoluer, se développer et… embaucher.

Cette « politique » de la lorgnette qui vise à toujours privilégier la logique de la « dette » -un « marronnier » rabâché sans relâche par les zélateurs du libéralisme que cette fameuse « dette » qui, soi-disant, serait paralysante pour le développement économique d’un pays qui compte parmi les 5 premières économies mondiales !-, cette politique absurde et aveugle qui se fait au mépris des forces créatrices est écrasante, et elle nous conduit tout droit dans le mur.

Que veut donc le gouvernement de « Gauche » ? La liquidation pure et simple de ses artistes et opérateurs culturels ? la disparition programmée des petites structures, des associations, qui sur le terrain chaque jour maillent un réseau culturel que le monde entier nous envie ? L’abandon d’une politique culturelle qui depuis Malraux fait la fierté et l’honneur de ce pays ? La fin de l’exception culturelle française ?

21 milliards « d’économies » annonce ainsi fièrement le gouvernement en ce 1er octobre. Gageons que sur ces 21 milliards -et comme détaillé d’ailleurs par le ministre concerné (« réduction des subventions aux associations »)- la Culture une fois encore sera au premier rang des « servis » en matière de restrictions et de coupes sèches. Un « beau geste » de Gauche… Un de plus.

Marc Roudier

Ci-dessous, le communiqué du SYNDEAC :

UNE RENTREE SOUS HAUTE TENSION
Compagnies, Centres dramatiques nationaux et régionaux, Centres chorégraphiques nationaux, Centres de développement chorégraphique, Scènes nationales, Scènes conventionnées, Pôles nationaux des arts du cirque, Centres nationaux des arts de la rue, Scènes de musiques actuelles, Festivals, Centres d’art, Fonds régionaux d’art contemporain… Et demain ?

Nous sommes les acteurs des politiques publiques de la décentralisation et de la démocratisation. Nous sommes les héritiers de l’élan humaniste d’après guerre et les artisans d’une démocratie qui offre à chaque citoyen les outils de son émancipation et de sa liberté de penser. Nous sommes les acteurs économiques et politiques d’un modèle français d’exception.

Aujourd’hui, tout cela est en danger.

Nous alertons le gouvernement sur les conséquences irréversibles des réformes en cours dans notre secteur.
Nous appelons à la journée nationale de mobilisation du 1er octobre.

Les concertations sur l’intermittence se poursuivent mais aucune des difficultés ni des oppositionsn’ont encore été levées. La « neutralisation » du différé d’indemnisation par le gouvernement donne un mauvais signal quant à son éventuelle participation au financement de l’Unédic.

Nous rappelons qu’un échec de ces concertations serait désastreux et que les tensions ne sontnullement apaisées. Nous mettons notre espoir et notre engagement dans ce processus, maisconcertation n’est pas négociation. Nous avons besoin d’un mode d’indemnisation adapté auxparticularités des métiers d’artistes et de techniciens du spectacle.

Nous avons besoin d’un Etat qui garantisse les financements de la création en soutenant plusactivement les équipes artistiques, leurs parcours, leurs ressources, leurs espaces de travail. Nousdemandons à ce sujet un chantier prioritaire. La réforme de l’Etat ne peut se résumer à lasimplification administrative, l’économie et la redistribution dans une enveloppe constante. Nousrefusons le malthusianisme et la concentration. Nous voulons des moyens nouveaux pour l’art et laculture et pour les artistes de notre pays.

Si l’Etat a garanti son budget de la culture pour les trois prochaines années, il baisse drastiquement sa dotation aux collectivités. C’est ainsi le budget de la décentralisation culturelle qui est mis à mal. La réforme territoriale vient encore obscurcir notre horizon et nous risquons de perdre notre dynamique artistique et l’équité de l’accès à l’art. L’Etat et les collectivités doivent avoir des objectifs partagés, des moyens complémentaires et des méthodes de gouvernance claires.

Nous avons aussi besoin d’un Etat qui veille à la liberté de création et de diffusion dans notre pays. Partout les populismes augmentent, partout des formes de censure plus ou moins larvées attaquent nos œuvres, nos programmations, nos missions.

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