ROMEO CASTELLUCCI : « GO DOWN, MOSES » AU FESTIVAL D’AUTOMNE

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Romeo Castellucci : Go down, Moses / Théâtre de la Ville, dans le cadre du Festival d’Automne / 4 au 11/11 2014.

« Croire ou ne pas croire est une affaire privée. Cependant le théâtre est quelque chose de religieux. En raison non de ses contenus, mais de sa structure. Des êtres humains se rassemblent devant une image. Cette rencontre rend un contact possible. Il se passe quelque chose qui outrepasse les mots. », décrit Romeo Castellucci dans un entretien avec Barbara Villiger Heilig dans la Neue Zürcher Zeitung à l’occasion de la création de son nouveau spectacle Go down, Moses. Invité au Festival d’Automne à Paris en ouverture du Portrait que le Festival lui consacre, le metteur en scène italien réinvestit le symbolisme du personnage de Moïse et traite de nouveau le sujet de l’irreprésentabilité.

Romeo Castellucci a toujours été habité par Moïse, par l’itinéraire, le rôle et les visions de ce « pilier de notre culture ». Porté par les tables de la Loi, le prophète fut une des figures récurrentes de la Tragedia Endogonidia. Dans Go down, Moses, son personnage passe en quelque sorte derrière les épisodes de sa propre vie. Ceux qui, projetés dans l’actualité présente, permettent au metteur en scène de travailler sur l’archéologie des formes, leur permanence. Ceux de son abandon, bébé, sur le Nil, du mystère du buisson ardent, de ses quarante jours sur le Sinaï ou de sa descente avec les tables de la Loi. Il ne les a pas traités selon la chronologie, mais dans une série d’allers et retours dans le temps, non sans bifurcations imprévisibles, via des scènes qu’il a voulues « non décodables ».

Romeo Castellucci poursuit sa réflexion sur l’image à travers l’antagonisme de deux d’entre elles : celle du veau d’or et celle du buisson ardent, « ce feu qui brûle sans rien brûler, sans objet ». Deux faces d’une même pièce, où un culte, une culture, est au revers de l’autre. À l’une son poids d’or et la consommation, à l’autre sa spiritualité et la consumation. Go down, Moses renvoie bien sûr aussi au fameux spiritual. Lorsque les esclaves afro-américains rêvaient leur propre émancipation comme une autre sortie d’Egypte. L’injonction divine à Moïse s’adresse enfin à nous-mêmes, pour peu que nous soyons, dit le metteur en scène, « exilés de notre être »

http://www.festival-automne.com/edition-2014/romeo-castellucci-go-down-moses

Photo © Guido Mencari

Comments
One Response to “ROMEO CASTELLUCCI : « GO DOWN, MOSES » AU FESTIVAL D’AUTOMNE”
  1. culturieuse dit :

    Vu à Lausanne. Un spectacle fascinant à ne pas manquer.

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