ENTRETIEN : FARID BENTAÏEB, FESTIVAL MARTO !

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Interview de Farid Bentaïeb, directeur du Théâtre Jean Arp de Clamart et co-créateur du Festival Marto !.

Inferno : Pouvez-vous nous parler du Festival Marto ?
Farid Bentaïeb : Le Festival Marto ! est un collectif de directeurs et directrices de théâtre qui se sont rencontrés il y a seize ans. Ensemble, nous avons choisi de défendre la marionnette, le théâtre d’objets et toutes les formes hybrides du théâtre contemporain. Nous soutenons et programmons notamment des spectacles de marionnettes contemporains à destination d’un public adulte et adolescent. Cela peut prendre des formes très diverses. Nous essayons de travailler la création, dans le but de donner de la visibilité à des jeunes créateurs. Et, au même temps, nous n’hésitons pas non plus à présenter des œuvres plus patrimoniales ainsi que des reprises. Cette 16ème édition du Festival Marto ! est très riche : 19 spectacles, 31 représentations, 3 créations, la Nuit de la marionnette. Des artistes au parcours déjà bien établi et des compagnies émergentes.

Inferno : Pourriez-vous nous raconter la genèse du Festival Marto ?
F.B : Tout cela a commencé il y a seize ans, avec trois directeurs de théâtre : le Théâtre 71 de Malakoff, le Théâtre des Sources de Fontenay aux roses et puis moi-même, du Théâtre Jean Arp à Clamart. Nous avions remarqué que la marionnette était un champ disciplinaire en forte évolution. Beaucoup de chorégraphes, de metteurs en scène s’emparaient de l’objet et de la marionnette pour leurs créations. Nous avons sentis que quelque chose bougeait dans ce sens : la création allait vers ces nouveaux mediums. Nous avons alors décidé de créer un festival dans le département des Hautes de Seine pour donner voix à ces nouveaux langages du théâtre contemporain.

Inferno : Aujourd’hui le Festival Marto ! ne se déroule plus que dans des théâtres…
F.B : Durant ces années le festival a beaucoup évolué. Nous sommes partis par trois scènes, celles de Malakoff, de Clamart et de Fontenay aux roses, pour aujourd’hui être sur dix établissements. Effectivement, il n’y a pas que des théâtres puisque nous retrouvons également deux équipements socio-culturels à Issy-les-Moulineaux ainsi que l’Université Paris X de Nanterre. Toutefois les théâtres restent majoritaires dans le déroulement du Festival Marto.

Inferno : Vous êtes un collectif de directeurs/trice de théâtre : comment se fait le choix des spectacles pour le Festival ?
F.B : Le choix se fait de manière collective. Concrètement nous nous réunissons tous autour d’une table où chacun de nous soumet ces propositions au groupe. Le collectif nous aide à trouver l’équilibre entre les spectacles de la programmation. Il nous aide aussi à rester vigilants sur l’un de nos objectifs : la diversité et la pluralité des expressions à travers la marionnette. La variété des lieux et de scènes est capitale, car nous avons ainsi l’opportunité d’accueillir des formes très différentes. Nous discutons alors de manière collective la pertinence d’un spectacle plutôt qu’un autre pour chaque scène proposée. Nous veillons aussi à la cohérence et à l’équilibre entre les lieux et les techniques proposées par nos créateurs. Ce travail collectif est fait avant tout de discussions, d’échanges, dans le but de défendre une marionnette pour adulte, contemporaine et innovatrice. Et pour ce faire, nous essayons d’être le plus exigeant possible pour proposer des formes très différentes.

Inferno : Comment vivez-vous votre présence au sein du collectif du festival Marto ?
F.B : Le théâtre Jean Arp, dont je suis le directeur, est une scène conventionnée autour de la marionnette. Toute l’année nous défendons à travers notre programmation ce médium ainsi que le théâtre d’objets. Ce festival est pour moi le temps fort de ce champ disciplinaire.

Inferno : Cette année le Festival Marto se déroule en mars au lieu du mois de novembre. Pourquoi ce changement ?
F.B : Nous avons voulu proposé le Festival à un moment de l’année où la météo est un peu plus clémente car nous avions envie de travailler aussi dans la rue. La programmation de cette année va à la rencontre d’un public plus large, peut être vers tous ceux qui spontanément ne fréquentent pas les lieux de spectacles…

Inferno : Cette année il y aura des grandes nouveautés dans la programmation. Des créations investiront les villes : la création descend dans la rue, n’est pas ?
F.B : Oui, nous allons accueillir par exemple une caravane, La caravane de l’horreur, de la compagnie Bakélite. pour un spectacle itinérant de dix-sept minutes. Nous pourrons rencontrer La caravane de l’horreur dans des lieux très divers comme devant un théâtre, à l’intérieur de l’université, dans les cours d’un lycée. Et puis nous avons passé commande à des artistes afin qu’ils proposent des petites formes de dix minutes qui seront présentées dans les vitrines des commerces de la ville : Formes insolites en vitrines. Pendant ce temps le public est dans la rue, sur le trottoir et peut regarder les spectacles de manière libre.

Inferno : Pouvez-vous nous parler de La nuit de la marionnette, un rendez-vous que vous proposez pour la sixième année consécutive ?
F.B : Oui, samedi 26 mars entre 19h30 et 06h00 du matin le théâtre Jean Arp de Clamart accueille La nuit de la marionnette. Il s’agit d’un temps fort du Festival Marto ! Cette nuit est composée d’une douzaine de spectacles qui s’adressent à cinq groupes de quatre-vingt spectateurs. Nous aurons donc environs cinq cents spectateurs qui déambulent dans le théâtre pendant toute la nuit et qui peuvent assister à différents spectacles dans une nuit très riche et… folle ! Du parking au cinéma, des loges aux bureaux, et parfois même en extérieur, les marionnettes envahiront complètement le Théâtre Jean Arp.

Inferno : Le Festival Marto !, pour quel public ?
F.B : Notre public pourra trouver une grande diversité d’expressions. Des formes plus patrimoniales comme La fermes des animaux d’après George Orwell présenté à Châtenay-Malabry, ou bien choisir un spectacle comme Anywhere à Clamart, une création autour du texte d’Henry Bauchau, Œdipe sur la route, très proche de l’art contemporain. Il y aura également des propositions qui s’adressent à un public plus familial comme Mamie rôtie à Issy-les-Moulineaux : nous sommes donc dans des formes extrêmement complémentaires.

Propos recueillis par Cristina Catalano

Festival MARTO ! 16e festival marionnettes & objets, du 18 mars au 2 avril 2016.

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