DARIO FO, UN HOMME DE THEÂTRE ITALIEN

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DISPARITION : DARIO FO, UN HOMME DE THEÂTRE ITALIEN.

Un ancien prix nobel de littérature vient de nous quitter. Récompensé pour son oeuvre « Le Mistero Buffo » en 1997, Dario Fo s’est illustré par sa capacité à mêler théâtre politique et formes populaires.

On décrit souvent Dario Fo comme un génie de l’improvisation et de l’économie de moyens. Sa force est d’avoir su faire du corps le centre de ses préoccupations, quitte à se passer de décors, de costumes, parfois même de partenaires de jeux. Une pratique qui le relie à l’art du clown, au mime.. Voire au plus récent stand-up dont il est probablement l’un des inspirateurs… Pourtant, celui qui a su dépoussiérer la Commedia dell’Arte a créé plus qu’une esthétique : il a inventé une nouvelle façon de jouer qu’il a transmise année après année à des générations de comédiens. Ce Gai Savoir de l’acteur a su faire école et inspirer beaucoup de metteurs en scènes français dans leur recherche d’un art allégé de ses contraintes académiques.

Résolument comique, Dario Fo n’en est pas moins engagé socialement et politiquement dans la défense et l’illustration des classes opprimées de tous les pays. Parmi les nombreuses personnalités qu’il incarne, on retrouve bien souvent la figure du déclassé, doué pour la raillerie des puissants et motivé par les instincts les plus primaires. Celui qui parle chez Dario Fo est en premier lieu celui qui a faim. L’acte théâtral naît chez lui de cet impératif d’affirmation de soi dans l’espace public. Sa liberté de ton lui a souvent joué des tours, mais c’était sans compter un succès populaire qui l’a toujours sauvé de la censure. Adapté pour la télévision italienne dès 1977, Le Mistero buffo n’a jamais été interrompu par les menaces, pourtant sévères, du Vatican de l’époque.

En 1973, c’est avec ce spectacle que Dario Fo se présente pour la première fois en France, au Théâtre National de Chaillot. Une expérience française qui ne cessera pas de se développer au fil du temps et de l’acceptation progressive du travail de Dario Fo par les institutions. Dans les années 1990, Antoine Vitez l’invite pour travailler sur une mise en scène de deux farces de Molière (Le Médecin volant et Le Médecin malgré lui), une expérience internationale qui a certainement fait ressurgir l’amitié très ancienne entre les théâtres italien et français. On ne peut que souhaiter que cet art du melting pot traverse les générations.

Alix Rampazzo

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