QUE SE PASSE T-IL SUR LE FRONT RICCI/FORTE ?

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A propos de PPP ULTIMO INVENTARIO PRIMA DI LIQUIDAZIONE (hommage à Pier Paolo Pasolini) et de TROILO VS CRESSIDA de William Shakespeare.

Le 2016 a été une année chargée pour Ricci/Forte : entre Turin et Palerme, en passant par Rome et Bari, ils ont investi les scènes contemporaines italiennes avec leur habituelle capacité à éveiller, à provoquer et nous faire réfléchir. D’abord avec PPP Ultimo inventario prima di liquidazione (hommage à Pier Paolo Pasolini), puis avec Troilo VS Cressida de William Shakespeare, Ricci/Forte ont voulu partager avec le public leur amertume sur le retard culturel de l’italie.

PPP Ultimo inventario prima di liquidazione nous met face à notre présent, à travers une question qui résonne tout au long de la pièce : y-a-il encore une éthique pour notre société ? Pour y répondre, Ricci/Forte font appel à l’un des maîtres de la culture italienne contemporaine : Pier Paolo Pasolini. A l’aide de performers internationaux, Ricci/Forte essayent alors de porter sur scène la réflexion menée par l’auteur italien à travers ces derniers romans. Il est ainsi question de notre attachement à la morale et de notre besoin d’éthique au sein de notre société. En parallèle PPP Ultimo inventario prima di liquidazione est une pièce traversée par le vide. On ressent fortement ce vide en tant que public : un vide que nous vivons tel un miroir. Il nous réfléchit, il nous montre l’apathie qui nous entoure et dont nous même sommes faits.

Sur le plateau les metteurs en scène italiens interrogent les métamorphoses du présent: le désordre qui cache l’envie de vie, notre constant besoin de valeurs. Les oeuvres littéraires de Pasolini (Petrolio, Comizi d’amore, Mamma Roma ou bien Salò) deviennent alors le pretexte pour aborder (et peut-être combattre) cet hédonisme qui domine la scène culture italienne. Amertume, colère et tristesse face à cette chère Italie aussi malménée. Interrogés sur leur pays, Ricci/Forte répondent sombres “Tous sont préoccupés ici plus à grogner qu’à changer”. La faute ? Pour eux elle est sûrement à imputer à la television, car “Aucun pays ne reste devant la tv comme l’Italie. À l’étranger ils vont au théâtre, au cinéma, aux expositions. Ici seulement il n’y a que la tv”. Cela me rappelle un entretien avec Pippo Delbono l’année dernier “le théâtre contemporain en Italie est mort!”.

Que faire alors ? S’indigner avant tout, et continuer à faire du théâtre, malgré tout.

La réflexion se poursuit, ainsi, au mois de mai 2017, au théâtre Biondo de Palerme, Ricci/Forte présenteront Troilo VS Cressida pour interroger les vanités de la société d’aujourd’hui. Ricci/forte partent de Troilo et Cressida de Shakespeare pour un travail qui s’est contruit avec vingt-trois élèves de l’École du Biondo. Le but ? Démasquer les faussetés et la vacuité du pouvoir. Tels les prophètes de la publicité contemporaine, les individus de cette tragédie produisent des idoles pour remplir leurs propres jours, autrement inutiles.

Le pouvoir de la beauté et du commandement sont difficiles à atteindre et à maintenir. Le prix est haut, mais Grecs et Troyens sont disposés à le payer, exactement comme leurs épigones post-modernes, voués aux charmes et aux fausses promesses de la télévision. Car comme nous le rappellent Ricci/Forte, “Pour quinze minutes de célébrité nous sommes disposés à tout, aussi à abdiquer notre éthique et notre morale”.

Cristina Catalano

Photo Piero Tauro

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