JEANNE SUSPLUGLAS A LA PATINOIRE ROYALE, BRUXELLES

Jeanne Suspluglas – « Living in my head » – 2 mars – 22 avril 2018 – opening le 1er mars – La Patinoire Royale / Galerie Valérie Bach 15, rue Veydt – 1060 Bruxelles.

La Patinoire Royale présente la troisième exposition personnelle de Jeanne Susplugas, au premier étage de la galerie. L’univers de cette artiste singulière n’a de cesse de souligner ce qu’elle appelle « les distorsions de la vie ».

Pour cette exposition, Jeanne Susplugas propose des œuvres réalisées au moyen de différents médiums. Pour elle, le choix du médium importe moins que sa réflexion dont les influences sont multiples, de la littérature au cinéma. C’est aussi un lieu que l’artiste s’approprie – celui de l’espace d’exposition -, afin d’évoquer la maison, ce lieu intime qui nous protège et nous aliène, et qui figure au centre de ses interrogations. Ici un papier peint à fleurs toxiques sur lequel viennent s’accrocher des dessins ; là un Réveil remarquable qui ne s’active qu’aux heures symétriques (12:12, 13:13, 22:22…) ; là encore, des Natures mortes en céramique blanche, chargées de nous rappeler nos habitus, glisser des blisters de médicaments dans des coupes de fruits.

Jeanne Susplugas expose la nouvelle série de dessins In my brain : à l’heure des réseaux de neurones artificiels, ces « neuro-portraits » aux allures ludiques et naïves dévoilent l’objet de nos pensées, des plus joyeuses aux plus sombres. La série s’inscrit en droite ligne des Flying Houses. Ici il n’est pas question d’une situation inconnue (une fuite liée à une situation d’urgence), mais au contraire de ce qui nous constitue psychiquement et compose les tréfonds de notre cerveau. Avec humour et distance, l’artiste met en exergue les pensées qui hantent nos neurones et constituent notre identité.

Et pour dompter des pensées parfois trop envahissantes, elle propose Disco Ball, une sculpture imaginée sur le modèle de la boule à facettes, et conçue par la mise en volume de la formule chimique du bromazépam – un anxiolitique puissant, également connu pour ses qualités hypnotiques. Ce détournement rappelle l’intérêt de l’artiste pour la question des addictions et de la dépendance : l’œuvre illustre de manière très explicite la circulation des drogues, légales et illégales, dans les soirées festives et l’univers de la nuit – rappelons qu’aux États-Unis et au Canada, le bromazépam est considéré comme stupéfiant et ses conditions d’obtention très réglementées.

Dans l’exposition, l’artiste offre aussi une alternative à la danse, avec l’image d’un tatouage éphémère ou pérenne, pour être, quelques heures ou pour toujours, « sous contrôle » (Tattoo). Contrôle que l’on retrouve insidieusement dans la série Mind Mapping, autant de formules chimiques qui cartographient nos vies, entre guides et injonctions sociales. Jeanne Susplugas explore l’impact de nos héritages dans nos rapports aux autres et à nous-mêmes. Elle sonde avec minutie les distorsions d’une société brutale et dysfonctionnelle, qui entraine un mal-être personnel et collectif. Son travail nous apparait comme autant de petites formes et stratégies de résistance, de survie face à l’individualisme, la lâcheté, la manipulation ou la violence.
Biographie de l’artiste

Née à Montpellier, Jeanne Susplugas vit et travaille à Paris.

Son travail a été montré au KW Institute for Contemporary Art (Berlin), à Pioneer Works (Brooklyn, New York), à la Emily Harvey Foundation (New York), à la Villa Médicis (Rome), au Palais de Tokyo (Paris), au Fresnoy National Studio (Tourcoing), au Musée d’Art Moderne de Saint-Etienne, à la Maison Rouge – Fondation Antoine de Galbert (Paris), au Musée de Grenoble, ainsi qu’à l’occasion d’évènements tels Dublin-Contemporary, la Biennale d’Alexandrie (Caire) ou Nuit Blanche (Paris).

Ses films ont été présentés lors des festivals Hors Pistes (Centre Pompidou, Paris), Locarno International Film Festival, Miami International Film Festival, Les Instants Vidéos (Marseille) ou encore Les Rencontres Internationales Paris/Berlin/Madrid.

image © Jeanne Susplugas – In my brain, 2017 – drawing – 50 x 65 cm

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