MATT MULLICAN, « REPRESENTING THE WORK », MACS GRAND HORNU

Macs-Matt-Mullican

Matt Mullican – « Representing the work » – MACS, Le Grand Hornu (BE) – 16.02 > 18.10 2020.

Le MACS organise la première exposition monographique de Matt Mullican dans un musée en Belgique. Né en 1951 à Santa Monica, l’artiste américain qui vit et travaille aujourd’hui à New York et Berlin a suivi, au début des années 1970, l’enseignement marquant de John Baldessari au California Institute of the Arts. Depuis les années 1980, son œuvre est régulièrement présentée à travers le monde aussi bien lors de grandes manifestations collectives, comme la documenta (1982,1992,1997) ou la Biennale de Venise (2013), qu’à l’occasion d’expositions personnelles comme sa gigantesque rétrospective au HangarBicocca à Milan (2018).

Historiquement issue de la « Pictures Generation », l’œuvre obsessionnelle et encyclopédique de Matt Mullican est une réponse à l’art conceptuel par l’importance qu’elle accorde à l’image, à la sensation et à la subjectivité. Puisant autour de lui la matière première de sa création, l’artiste souligne : « Tout ce que je dois cataloguer se trouve en réalité là où je vis. Quand je dis “où je vis”, je parle autant du monde physique que du monde psychologique. » Par-delà ce dualisme du corps et de l’esprit, Matt Mullican élargit en réalité sa représentation de l’univers à cinq mondes et aux cinq couleurs qui les représentent : le vert qui symbolise la nature, le bleu qui représente la vie quotidienne, le jaune qui désigne l’art, le noir qui recouvre le langage et enfin le rouge qui évoque la subjectivité.

Cette cosmologie qui trouve son premier élan dans son enfance, puis ses deux principaux développements artistiques en 1973 et 1983, constitue le véritable générateur d’une œuvre fondamentalement existentielle qui applique ses principes graphiques (charte de couleurs, pictogrammes, listes, etc.) à un large éventail de supports : livre, drapeau, poster, vitrail, pavillon architectural, tableau d’affichage, tapisserie, caisson lumineux, espace virtuel, etc. À cette diversité de médias s’ajoutent encore ses nombreuses « conférences » durant lesquelles il raconte l’histoire de son œuvre ainsi que ses « performances sous hypnose » durant lesquelles il se dédouble en celui – ou celle – qu’il nomme « That Person », un alter ego qui interprète sur scène de manière souvent caricaturale les différentes situations ainsi suggérées.

Lors de sa première expérience sous hypnose, « Entering the Picture : Entrance to Hell » (1976), Matt Mullican était assis face à un tableau de Piranèse à l’intérieur duquel il entra par la pensée pour en faire la description détaillée en temps réel à son audience. Depuis, il s’est régulièrement plié à l’exercice, permettant à « That Person », sorte de double subjectif, d’apparaître, d’éprouver des émotions ou même de créer des œuvres d’art distinctes de celles de Matt Mullican. Cet aller-retour entre monde réel et monde imaginaire, l’artiste américain le poursuivra en 1987 en créant une ville imaginaire par l’intermédiaire de superordinateurs.

Inconsciemment, il y préfigurait déjà les espaces virtuels des jeux vidéo actuels dont les paysages se forment au fur et à mesure de l’avancement du joueur. Par ailleurs, les symboles propres à sa cosmologie rappellent également les icônes et les pictogrammes de nos écrans de téléphone, donnant ainsi une dimension réellement « visionnaire » à son œuvre : « Je pense que mon travail a un lien fort avec la vie contemporaine, avec ce qu’il se passe dans le monde aujourd’hui et ce à quoi les gens doivent faire face, ce à quoi les enfants doivent faire face, ce à quoi mes enfants font face aujourd’hui quand on pense à internet et à la façon dont leur monde pourrait être défini. »

L’exposition « Representing the Work » s’articulera autour de plusieurs importantes séries de l’artiste lui donnant son caractère rétrospectif. Suivant la ligne narrative suggérée par l’architecture du musée, Matt Mullican invite le spectateur à découvrir les principaux chapitres de son travail jusqu’à sa série emblématique des « Rubbings », en passant par le M.I.T. Project, pavillon représentant en trois dimensions la cosmologie qu’il a lui-même inventée dans les années 1980 ainsi qu’un vaste ensemble d’œuvres sur papier, sans oublier les séries « The Meaning of Things » et « Yellow Monste »r se basant sur des images tirées d’internet et ses performances sous hypnose. Le point d’orgue de l’exposition réside dans l’installationmosaïque qui a donné son nom à l’exposition, « Representing the Work », un ensemble de 64 draps de lit qui présentent des planches iconographiques détaillant l’ensemble de son travail, de ses premières expériences dans la classe de John Baldessari à CalArts jusqu’à sa gigantesque installation au HangarBicocca en passant par ses performances sous hypnose et ses frottages.

Image: Untitled (Yellow Monster – Performance at Tate) Photographer Roberto Ruiz copyright the artist – Courtesy ProjecteSD Le MACS Le Grand Hornu

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

  • Mots-clefs

  • Archives