BRICE DELLSPERGER, « SOLITAIRES », AIR DE PARIS

BRICE DELLSPERGER – Solitaires – Exposition du 20 juin au 30 juillet 2020 – Galerie Air de Paris,
43, rue de la Commune de Paris F-93230 Romainville.

A l’occasion de sa nouvelle exposition personnelle chez Air de Paris, Brice Dellsperger présentera deux nouveaux opus de Body Double: «Body Double 36» et «Body Double 37».

« Mes vidéos Body Double (traduire doublure ou littéralement corps double) agissent comme des doublures de séquences de cinéma des années 70 ou 80 ; le titre fait référence au film de Brian de Palma (Body Double, 1984). C’est à ce jour une série de 40 films de durées variables dont le motif obsessionnel est le corps de la doublure dans le cinéma grand public. Selon une démarche rigoureuse mais émancipatrice, je fais rejouer chaque scène choisie par un·e unique acteur·ice travesti·e, super personnage interprétant tous les rôles par dédoublement.

En s’appropriant la forme linéaire/autoritaire d’un film, les Body Double visent alors à perturber le genre sexuel normé au moyen d’une esthétique camp.»

C’est la mode de l’aérobic dans les années 80 ! Perfect de James Bridges sort en 1985. Ce film montre avec superficialité les relations humaines dans les clubs de gym de Los Angeles, vues par les yeux d’un journaliste (John Travolta) qui tombe sous le charme d’une coach de gym au look androgyne (Jamie Lee Curtis).

Les études sur le corps postmoderne dans la société contemporaine américaine sont liées au contexte des années 80, période qui voit la consécration d’un corps-objet idéal rattrapé par l’épidémie du Sida. L’identification du virus HIV aura une influence majeure sur la perception et la représentation des corps et de la sexualité.

La séquence du film à l’origine de Body Double 36 est celle du cours de gym. Un récit réduit au minimum,
des gestuelles et des regards évocateurs, nous assistons ici à une véritable symbiose des corps, un
synchronisme parfait sur le pseudo tube Shock Me, dans un pur moment d’expérience collective qui
s’apparente à un orgasme. Différents types sont représentés, mais étrangement, se confondent, ce qui
pourrait définir selon moi une nouvelle identité Trans.

Le corps-Trans d’aujourd’hui devrait rendre hommage au fitness des années 80 ! Son ambiguïté, ses transformations corporelles, la transgression de ses corps augmentés et sculptés par l’accomplissements personnel.

Des sujets que je mets en forme et en image dans une installation inédite. Comme dans un kaléidoscope, par jeu de miroir et d’agrandissement, la séquence y est doublée plusieurs fois. J’invite Jean Biche, artiste performeur qui se produit sur la scène parisienne du Manko Cabaret, à interpréter tous les personnages.

Brice Dellsperger, 2019

Image copyright the artist

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