FESTIVAL D’AVIGNON 2021 : LE PROGRAMME, PREMIERES IMPRESSIONS…

PROGRAMME DU 75e FESTIVAL D’AVIGNON : Premières impressions sur la programmation de la 75e édition, « Se souvenir de l’avenir » – Du 5 au 25 juillet 2021.

Tout d’abord, notons que visiblement le Festival ne désarme pas face à la pandémie et les incertitudes liées à celle-ci, proposant un programme abouti, calibré pour la quasi-totalité des salles usuelles du festival, y compris à l’intérieur… Nous verrons l’évolution de ce dernier, selon celle de la situation sanitaire. Beaucoup de lieux en plein air ont toutefois été prévus, ce qui laisse présager un repli anticipé, en cas de détérioration du climat épidémique, vers des lieux plus adaptés à une situation dégradée.

Quant au programme, il fait état de 46 spectacles dont 39 créations -29 produites ou co-produites par le Festival, 42 % de spectacles « étrangers », en tout cas portés par des équipes « étrangères. Pour ce qui concerne la ligne artistique, il reste fidèle à la programmation « signature » d’Olivier Py depuis sa prise de fonction en 2014. Soit un savant mix de théâtre populaire -certes de qualité- et de quelques fulgurances contemporaines. Mais peu de Danse, comme à l’habitude, ou alors des « blockbusters » comme Maguy Marin. Peu de performance et d’expérimentations hors-normes non plus.

A première vue, une édition qui a de la tenue même si parfois péchant par quelques facilités, en tout cas plus contemporaine et surtout plus ouverte que de coutume.

Un bon point, relevons l’excellente initiative d’inviter à nouveau la délicieuse Angélica Liddell pour LIEBESTOD – EL OLOR A SANGRE NO SE ME QUITA DE LOS OJOS (L’ODEUR DU SANG NE ME QUITTE PAS DES YEUX), un « biopic » sur le grand Torero Juan Belmonte, à la sauce Liddell, n’en doutons pas.

Olivier Py lui, s’octroie le privilège du « feuilleton » du Festival, installé depuis sa création dans les jardins Ceccano, confié à des metteurs contemporains friands de plein air et d’une certaine idée d’un théâtre de tréteaux en confrontation directe avec un public demandeur. « Hamlet à l’impératif » est le titre de cette nouvelle expérience publique.

L’excellent Tiago Rodrigues ouvrira la Cour d’Honneur le 6 juillet pour une « Cerisaie » dont on attend le meilleur. Anne-Cecile Vandalen présentera le même jour la première de son « Kingdom » dans la cour du Lycée Saint-Joseph. On verra ce qu’il faudra en penser…

Sinon, signalons la présence d’oeuvres de Christiane Jatahy, Madeleine Louarn, Caroline Guiela Nguyen, Dimitris Papaioannou, Baptiste Amann et deux pièces d’Emma Dante, tous habitué-e-s du Festival. Ainsi qu’un opus du directeur du Théâtre National de Bruxelles, Fabrice Murgia, « La Dernière Nuit du monde », donné au Cloître des Célestins.

Remarquons surtout l’invitation faite à Mylène Benoît, FC Bergman, Jan Martens, la performeuse Phia Ménard, ou encore Nathalie Béasse… qui pimenteront cette 75e édition d’une note indiscutable de contemporanéité.

Nous attendrons également avec curiosité le « Samson » revisité du Sud-Africain Brett Bailey pour un théâtre musical tonitruant paraît-il, donné dans le gymnase du Théâtre Aubanel, tout comme le chorégraphe barcelonais Marcos Morau qui présente « Sonoma », une pièce référente à l’univers âpre et surréaliste de Luis Bunuel. Et bien sûr les « Vive le sujet« , programmes courts et expérimentaux à découvrir dans le bien nommé Jardin de la Vierge du Lycée Saint Joseph.

Mais nous reviendrons très rapidement sur cette programmation qui augure d’un Festival 75e du nom de bonne facture, avec peut-être même quelques excellentes surprises, qui sait ? S’il peut se tenir normalement, évidemment…

Marc Roudier

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First of all, let’s note that the Festival is not disarmed in the face of the pandemic and the uncertainties linked to it, proposing a successful program for almost all the usual festival halls, including the indoor ones… We will see how the latter evolves, depending on the health situation. However, many open-air venues have been planned, which suggests an early withdrawal in case of deterioration of the epidemic climate to venues more adapted to a deteriorated situation.

As for the program, it includes 46 shows, 39 of which are new productions – 29 of which are produced or co-produced by the Festival – and 42 % of « foreign » shows, in any case by « foreign » teams. As far as the artistic line is concerned, it remains faithful to Olivier Py’s « signature » programming since he took office in 2014. That is to say, a clever mix of popular theatre -of course of high quality- and a few contemporary dazzlers. But there is little dance, as usual, or only « blockbusters » like Maguy Marin. Not much in the way of performance and non-standard experimentation either.

At first glance, an edition that has a lot of substance, even if it sometimes suffers from a few shortcomings, in any case more contemporary and above all more open than usual.

A good point, let’s note the excellent initiative of inviting again the delicious Angélica Liddell for LIEBESTOD – EL OLOR A SANGRE NO SE ME QUITA DE LOS OJOS (THE SMELL OF BLOOD DOESN’T LEAVE ME FROM MY EYES), a « biopic » on the great Torero Juan Belmonte, with Liddell’s sauce, let’s be sure.

Olivier Py grants himself the privilege of the Festival’s « feuilleton », installed since its creation in the Ceccano gardens, entrusted to contemporary directors fond of the open air and of a certain idea of a trestle theatre in direct confrontation with a demanding public. « Hamlet à l’impératif » is the title of this new public experience.

The excellent Tiago Rodrigues will open the Cour d’Honneur on 6 July for a « Cerisaie » from which we expect the best. Anne-Cecile Vandalen will present the premiere of her « Kingdom » in the courtyard of the Lycée Saint-Joseph the same day. We’ll see what people think of it…

Otherwise, let’s mention the presence of works by Christiane Jatahy, Madeleine Louarn, Caroline Guiela Nguyen, Dimitris Papaioannou, Baptiste Amann and two works by Emma Dante, all regulars of the Festival. As well as an opus by the director of the Théâtre National de Bruxelles, Fabrice Murgia, « La Dernière Nuit du monde », given at the Cloître des Célestins.

Let’s especially note the invitation to Mylène Benoît, FC Bergman, Jan Martens, the performer Phia Ménard, or Nathalie Béasse… who will spice up this 75th edition with an indisputable note of contemporaneity.

We will also await with curiosity the revisited « Samson » by South African Brett Bailey for a thunderous musical theatre, given in the gymnasium of the Théâtre Aubanel, as well as the Barcelona choreographer Marcos Morau who presents « Sonoma », a work referring to the harsh and surrealistic universe of Luis Bunuel. And of course « Vive le sujet« , short and experimental programs to be discovered in the well-named Jardin de la Vierge of the Lycée Saint Joseph.

But we will come back very quickly on this program which augurs a 75th Festival of the name of good quality, with maybe even some excellent surprises, who knows? If it can be held normally, of course… which is not guaranteed.

Images: 1- La metteuse Angélica Liddell – Photo DR / 2- Samson, Brett Bailey 2020 © Nicky Newman / 3-
Sonoma, Marcos Morau, 2021 © Anna Fàbrega

Comments
One Response to “FESTIVAL D’AVIGNON 2021 : LE PROGRAMME, PREMIERES IMPRESSIONS…”
  1. Matatoune dit :

    Enfin, peut être que le retour au plaisir du partage des spectacles revient 😉

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