MONODROME ATHENES : Une Biennale d’un autre monde

 

La 3e Biennale d’Athènes MONODROME a ouvert dans des circonstances difficiles, le climat politique et social n’étant pas vraiment au beau fixe, c’est le moins que l’on puisse dire… Co-organisée par le triumvirat de curateurs XYZ (Xenia Kalpaktsoglou, Poka-Yio, Augustine Zenakos) et Nicolas Bourriaud, critique et théoricien de l’art, cette édition pointe une rencontre improbable entre Walter Benjamin et le Petit Prince. Un télescopage pour le moins inédit entre les théories pointues de l’un et la poétique de l’autre, au chevet d’une réalité socio-économique et politique en grand chambardement.

Présentée dans des lieux symboliques de la ville d’Athènes, l’Ecole Diplareios de la Place Theatrou et un ensemble d’espaces au Parc Eleytherias, Monodrome se veut un laboratoire formel d’un type nouveau et une réflexion sur l’exposition de l’art, à un moment où les enjeux sociaux et l’avenir du pays sont prépondérants. Athènes et la Grèce vivent un véritable séisme social et économique, qui dévaste tout, y compris le rapport que le peuple entretient avec le culturel.

Comment aborder sous un autre angle cette situation, surtout lorsque celle-ci évoquerait plutôt une crise mondiale que strictement nationale ou locale ? L’« exemple grec », comme il a été décrit avec facilité, constituerait-il un tournant crucial de l’Histoire ? se demandent les organisateurs, considérant que l’examen de la situation, pour laquelle la Grèce fait figure de référence, peut être à l’origine d’une recherche culturelle visant à démontrer qu’il n’est plus pertinent ni même moral, de continuer à monter des expositions comme si de rien n’était.

Monodrome se présente donc sous la forme double d’une grande exposition d’une part, largement ouverte aux citoyens et à leurs organisations au sein de la société grecque : associations, comités citoyens, organisations politiques… avec pour volonté de répercuter un grand moment de réflexion politique et citoyenne autour du constituant culturel. Et d’autre part, le critique Nicolas Bourriaud invente une vision nouvelle de la préparation d’un événement culturel de l’ampleur d’une biennale, en réalisant un film long-métrage, mi-oeuvre, mi-fiction, traitant du rapport complexe entre art contemporain et cinéma.

Une réflexion critique et engagée donc, avec laquelle cette 3e Biennale d’Athènes entend bien être actrice de l’espace socio-politique qu’elle investit, et plus seulement un épiphénomène de cette réalité, simple objet culturel luxueux et déconnecté des mouvements de fond qui agitent la société grecque.

Un pari audacieux qu’il s’agit de relever, les artistes invités à Monodrome ayant eu à coeur de contribuer à cette aventure d’un type nouveau. Quant à la présence française, elle compte notamment les cinéastes Jean-Luc Godard et Anne Miéville, ainsi que les artistes Julien Langendorff et Julien Prévieux. Une représentation plutôt épicée, qui ne devrait pas nuire à l’élan que cette édition tente d’insuffler, dans une situation douloureuse mais forcément annonciatrice de changements majeurs.

Ludivine Michel

MONODROME 3e Biennale d’Athènes  / 23 octobre – 11 décembre 2011

Diplareios Scholi
Plateia Theatrou 3 | Metro : Monastiraki / Omonoia

Centre d’Arts
Musée « Eleytherios Venizelos »

Parc Eleftherias, av. Vas. Sofias | Metro : Megaro Moussikis

Les artistes français de la 3e Biennale d’AthènesJulien Langendorff, Julien PrévieuxJean-Luc Godard & Anne Miéville, Jean Painlevé,

Plus d’informations : www.athensbiennial.org

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

  • Mots-clefs

  • Archives