EMMA DANTE / LA TRILOGIA DEGLI OCCHIALI

La Trilogia degli occhiali (La Trilogie des lunettes) /  Emma Dante / Théâtre du Rond-Point.

Emma Dante revient à Paris avec La trilogia degli occhiali – La trilogie des lunettes. Son théâtre poétique nous rappelle Uccellacci e uccellini de Pier Paolo Pasolini et les films de Federico Fellini, et, plus généralement. Une atmosphère bien desservie par des canzonette de Rita Pavone ou Gianni Morandi, cette variété italienne indissociable de la dolce vita italienne des années d’après-guerre.

Les trois histoires évoquent des thèmes risqués — pauvreté, maladie et vieillesse— qui pourraient rapidement glisser vers un pathétisme douteux, mais qui, grâce à la finesse d’Emma Dante, sont prétextes à la découverte d’une poésie tout à la fois intime et universelle. A travers une paire de lunettes, les protagonistes des trois disgrâces s’évadent de la réalité pour vivre leur passion ou leur amour, les raisons de vivre perdues qui les animent encore. Ici Emma Dante est parvenue à domestiquer une esthétique naïve qui s’adresse à tous et que l’on pourrait qualifier de populaire et d’exigeante.

La pièce est bien desservie par ses acteurs, drôles et irrévérencieux, qui n’hésitent pas à crachoter sur le public un peu coincé du théâtre du Rond Point. Dans leur jeu, on trouve aussi une part d’improvisation, typique de la méthode Emma Dante, pour qui l’acteur ne doit pas être une simple poupée entre ses mains mais, au contraire, doit enrichir le personnage de son propre vécu. Entre tous, on remarque Onofrio Zummo qui joue le rôle d’un malade en état catatonique, interné dans un asile, et qui, lors de ses réveils revit son enfance passée à regarder le château devant sa fenêtre, dans le quartier Zisa, et où il se voyait déjà gardien de la princesse. Comme un homme en plastique, il tombe sans arrêt, comme une sorte de poupée inanimée, il se laisse frapper par les deux sœurs infirmières.

L’imagination au cœur de nos vies, une bizarrerie qui donne une raison de vivre aux êtres sans raison d’être que nous sommes. C’est en cela que cette pièce frôle avec l’enivrement des questions existentielles ; rien que du parfum, pas de démonstration

Camilla Pizzichillo

La trilogia degli occhiali (La trilogie des lunettes) / Mise en scène de Emma Dante / Théâtre du Rond Point / Du 3 février au 19 février 2012

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