ALEXIS, UNE TRAGEDIE GRECQUE. Ou l’Antigone indigné de la Cie Motus

« Alexis. Une tragédie grecque » de la compagnie Motus / Vu au théâtre d’Arles le 16 octobre 2012.

Motus, compagnie italienne dirigée par Enrico Casagrande et Daniela Nicolo’, met en scène une tragédie contemporaine et de plus en plus actuelle.

Alexis, Alexandros-Andreas Grigopoulos, a été tué d’une balle en pleine poitrine par la police, à Exarcheia, quartier central d’Athènes, le 6 décembre 2008 à l’âge de quinze ans. Après sa mort, il devient le symbole d’une génération indignée qui déclenche de violentes insurrections. À partir de ce fait divers, en parallèle avec la mort mythique de Polynice, ce spectacle-politique est avant tout une performance qui questionne la révolte de la jeunesse grecque et toutes les autres révoltes contemporaines.

Entre théâtre documentaire et récit d’expériences personnelles, sur un plateau dont l’espace de jeu est délimité par un carré rouge et animé par des projections vidéo, la question est posée plusieurs fois : « Qui est Antigone -pour toi- aujourd’hui ? »

L’Antigone de Motus est une androgyne en basket. Elle est actuelle, anarchiste, révoltée et interprétée par Silvia Calderoni. Une surprenante performeuse qui dégage une énergie explosive dès les premiers instants et pendant tout le spectacle. Une Antigone qui, avec les autres protagonistes de cette oeuvre (Vladimir Aleksic, Benno Streinegger, Alexandra Sarantopoulou), convie le public à monter sur scène, comme pour l’inviter sur la place publique.

Ils ne sont plus seulement quatre, mais on est cinq, six, sept… dix… vingt…trente, quarante, quarante cinq. Silvia, dans un français improvisé, remercie. «Merci, parce que c’est important de regarder la chose d’un autre point de vue». Ceci n’est pas seulement un engagement politico-artistique. C’est un appel au changement, à la participation citoyenne. Clin-d’œil à la situation politico-sociale italienne (où travaille la compagnie, ndr), où les manifestations ne semblent pas tout à fait spontanées, en tout cas beaucoup plus violentes et singulièrement éphémères.

Un spectacle coup-de-poing.

Giulietta Romeo

Prochaines dates : http://www.motusonline.com/it/calendario

Crédit photos : Valentina Bianchi et J.S.

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