« LE SIGNAL DU PROMENEUR » AU THEATRE DE LA BASTILLE

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Le Signal du promeneur / conception et mise en scène : Collectif Raoul / Du 26 novembre au 13 décembre au Théâtre de la Bastille

« On pourrait le dire ainsi : j’étais trop correct pour être capable d’amour ; en fait, je n’étais pas même moi, j’étais simplement correct ; car si mon vrai moi avait voulu se montrer, si peu que ce fût, dans le monde de la politesse et des formules, il serait aussitôt apparu comme gênant. J’avais pour seule fonction de me mettre à l’unisson de ce que je prenais pour le monde. Je n’étais pas moi en tant qu’individu nettement délimité par rapport au monde qui l’entoure ; je n’étais qu’une particule conformiste en ce monde qui m’entourait. Je n’étais même pas un membre utile de la société humaine, je n’en étais qu’un membre bien élevé. » Fritz Zorn, Mars.

Cinq jeunes comédiens belges du collectif Raoul présentent au théâtre de la Bastille une pièce hilarante qui, en toute légèreté, enquête sur ce que pourrait signifier la lutte solitaire de l’individu contre la société toute entière.

Cette création se développe comme un collage de cinq histoires vraies qui ont pour protagonistes des hommes isolés porteurs d’une révolte et d’un refus d’une humanité qui les cataloguent comme des fous ou des monstres.

Chacun d’eux ressemble à un promeneur solitaire errant et réfléchissant à l’existence. Ils rapportent des histoires d’hommes en rupture radicale avec la société, de leur vision aberrante du monde, vivant désormais dans la nature et la solitude : s’isoler du monde semble être la condition sine qua non pour se soustraire au regard d’autrui et arriver à se comprendre au-delà des valeurs imposées. D’innombrables questions surgissent dans cette promenade : est-il possible de se connaître soi-même? Est-il possible, et dans quelle mesure, peut-on connaître son meilleur ami ? Ou encore peut-on être coupable si on désagrège la notion d’individu?

Le collectif Raoul étonne par la profondeur de ses problèmatiques, et par le fait que les traiter sous forme théâtrale relève du tour de force. Les thèmes approchées pourraient facilement tomber dans la banalité du déjà-dit, mais les pièges sont soigneusement évités : il y a une vraie recherche vers l’art de la joie ou vers la libération de l’homme d’une société trop étouffante.

Le travail de mise en scène estdonc littéralement fabuleux : on y trouve la grâce de mélanger, avec justesse, chaos et précision dans un jeu très libre et toutefois précis, ce qui se remarque en particulier lors des chorales. On perçoit dans ce travail la jouissance de la création collective où chaque bout de texte a nécessité l’assentiment de chacun. La musique accompagne toute la pièce en collaborant à créer une atmosphère onirique et enfantin.

Camilla Pizzichillo

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Crédits photos Cici Olsson

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