« PARFOIS JE RÊVE QUE JE VOIS », THEÂTRE EN IMMERSION

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Parfois je rêve que je vois : Collectif In Vivo / du 6 au 10 mars 2013 / Confluences / 190 boulevard de Charonne – 75020 PARIS

Lieu d’expérimentation, Confluences s’emploie à proposer une programmation exigeante, engagée et pluridisciplinaire.

Pour 4 dates, soit 20 représentations, cette association culturelle a accueilli le collectif In Vivo et sa création Parfois je rêve que je vois. Pour ce projet, le trio fondateur (Julien Dubuc, Chloé Dumas, Samuel Sérandour) s’est fait accompagner par Alexia Chandon-Piazza et Pierre-Yves Poudou.

Cinq parcours et sensibilités artistiques différentes, mais une même volonté novatrice pour ceux qui se définissent comme un « collectif d’exploration scénique ». Si chacun a son domaine de prédilection (son, lumière, jeu, scénographie, vidéo, …), c’est bien d’une création collective qu’il s’agit. Le travail a pu s’appuyer sur des improvisations et exercices, mais aussi se laisser guider par des références communes.

Spectacle sensoriel, il « retranscrit trois fragments de vie de trois personnages, chacun atteint d’une forme d’aveuglement ».

Cette fantasmagorie pour 10 spectateurs s’appuie sur un dispositif à la fois minimaliste et intimiste. Chacun est installé dans un fauteuil individuel et équipé d’un casque. Le travail d’amplification sonore sera très présent et chacun est, par fait, dans sa bulle, seul avec ses perceptions et émotions, vulnérable parce qu’il n’est plus encadré par le public et qu’il ne sait pas à quoi s’attendre. La scène et la salle ne sont séparées que par un tulle qui n’enlève rien à la proximité mais renforce l’idée de la boîte noire et crée un brouillard propice aux hallucinations.

Seuls deux comédiens surgiront, dans 3 espaces-temps différents. D’abord, c’est cette jeune femme seule qui regarde Le Juste Prix et que nous entendons manger des chips. Le pouvoir hypnotisant et aliénant de la télévision est bien réel. Nous ne savons plus si nous regardons une comédienne, la télé, ou une comédienne dans la télé. Au gré de la lumière, qui s’éteint et se rallume sans cesse, elle se déplace de plus en plus près de l’objet d’attraction/répulsion. On pense à Requiem for a dream. Mais aussi aux Marchands de Pommerat. Ensuite, cette femme danse, seule face à son image, puis en boîte de nuit, lieu de perdition, où les flashes n’ont d’équivalent que les beats de la musique. Enfin, c’est dans la forêt que l’on se perd totalement. L’homme, mi-mime, mi-aveugle, fera quelques brèves apparitions.

Le texte, que l’on oublie souvent ou que l’on peine à suivre, semble être un prétexte à une immersion dans une réalité virtuelle, où les images sont floues ou difformées par le prisme de notre regard. S’il est difficile de suivre une trame narrative, c’est une expérience sensible et sensorielle que Parfois je rêve que je vois propose. Le spectateur est mis en situation de danger, tout est éblouissement ; le son, partout présent dans cette rêverie. Ce qui fait la force d’In Vivo fait aussi sa faiblesse : c’est un collectif composé de véritables créateurs, la gageure est donc de laisser à chacun une place, sans surcharger le spectacle. Et pour le moment, il y en a trop.

Caroline Simonin

En savoir plus :
http://www.collectifinvivo.com/
http://www.confluences.net/

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