« QUAND JE PENSE QU’ON VA VIEILLIR ENSEMBLE » : LES CHIENS DE NAVARRE AU MAC

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Quand je pense qu’on va vieillir ensemble / les Chiens de Navarre / Du 26 février au 2 mars 2013 à la Maison des Arts de Créteil et du 14 au 25 mai 2013 au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris.

Quand je pense qu’on va vieillir ensemble, dernière création de Chiens de Navarre, pièce drôle sans équivoque, traite de la tragédie de l’homme moderne. Pris entre l’univers du travail (à l’extérieur), et celui du couple (à l’intérieur), il n’a guère d’échappatoire.

Après un play-back hilarant de I’ve been loving you too long, une déclaration d’amour qui contraste avec le titre même de la pièce, s’ensuit toute une série de saynètes ayant principalement pour thèmes le management, l’embauche, le développement personnel, et les relations de couple. Aider l’autre, l’écouter, pour son bien, par amour pour lui, est bien souvent le corollaire d’une tentative de le modeler, de le former en le déformant. Les contorsions des personnages soumis à cette orthopédie mentale sont source d’ironie, de bouffonnerie et d’hilarité, en totale opposition avec la gravité du propos.

Le jeu d’un certain nombre d’acteurs – ils sont bien une dizaine en tout- est assez fascinant, notamment lorsqu’il consiste à imiter la maladresse, la timidité, le manque de bagou ou autre comportement à corriger : la caricature est effleurée mais évitée quasi systématiquement. D’autres aspects formels sont très soignés ; certaines saynètes, par exemples, semblent tronquées par une construction qui amène le spectateur à attendre en vain que certains événements adviennent. Cela reflète-t-il la nature insaisissable de notre recherche de sens ? Est-ce un discours sur le théâtre ? Voilà de quel type d’interrogation notre cervelle est truffée à la fin du spectacle. C’est peut-être le processus créatif, basé sur une écriture collective et un long travail d’improvisation, qui est à l’origine de la richesse de la pièce. Tout de même, pour ceux qui seraient intéressés, l’ouvrage de Stig Dagerman, Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, a servi de toile de fond.

Camilla Pizzichillo

Prochaines dates sur Paris : du 14 au 25 mai 2013 au Théâtre des Bouffes du Nord

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