« AFTERATLAS » : GEORGES DIDI-HUBERMAN ET ARNO GISINGER AU BEIRUT ART CENTER

B0060P 0051

Afteratlas : Georges Didi-Huberman et Arno Gisinger / Beirut Art Center, Beyrouth (Liban) / 23 janvier – 22 mars 2014 / Vernissage: Mercredi 22 janvier de 18 à 21h.

Beirut Art Center présente Afteratlas, une exposition conçue par l’historien de l’art et philosophe français Georges Didi-Huberman, ainsi que le photographe autrichien basé à Paris Arno Gisinger.

Afteratlas fait suite à Atlas: How to Carry the World on One’s Back, exposition au Museo Nacional Centro Arte Reina Sofia de Madrid (2010), organisée par Georges Didi-Huberman. La même exposition a ensuite été présentée au ZKM à Karlsruhe (2011) ainsi qu’au Sammlung Falckenberg/Deichtorhallen à Hamburg (2011). Atlas est une tentative d’approcher et d’exposer les processus artistiques et intellectuels d’environ 140 artistes, écrivains, réalisateurs et penseurs à travers leurs travaux préparatoires et leurs oeuvres originales.

Au Beirut Art Center, Afteratlas est la troisième édition de la collaboration post-Atlas entre Didi Huberman etGisinger. Il s’agit d’un essai photographique créé en réaction à la photographie documentaire, et consistant en un montage conceptuel de l’exposition Atlas au Sammlung Falckenberg. Des adaptations précédentes ont été montrées au Fresnoy studio national des arts contemporains (2012), et au Museu de Arte do Rio (2012). La limitation des moyens logistiques et matériels pour déplacer les oeuvres originales dans différentes parties du monde a inspiré l’idée de l’exposition.

La série d’expositions post-Atlas est un hommage contemporain à Aby Warburg (1866- 1929), historien de l’art allemand, qui a créé son propre atlas d’images d’oeuvres d’art, intitulé Mnemosyne Atlas. Dans son assemblage anachronique en « constellations », il a cherché à explorer de nouvelles associations entre des formes visuelles variées dans différents espace-temps, dégageant ainsi de nouveaux sens aux imaginations, désirs et affects.

Les murs de l’espace d’exposition du Beirut Art Center seront recouverts d’images au format poster de 3.5 x 2.5 mètres consistant en un photomontage de Gisinger, incluant des photographies d’oeuvres originales, des morceaux de contrats, des images de production, reflets, surfaces et interactions. Des extraits de productions cinématographiques modernes et contemporaines classées en constellations thématiques par Georges Didi- Huberman seront projetés sur un des murs du centre. Une vidéo basée sur un gros plan itinérant de la Mnemosyne # 42 de Warburg sera projetée sur une autre. Face aux photographies et aux images mouvantes sur le mur, le spectateur fera avant tout l’expérience de l’imposante monumentalité des images, constituant une nouvelle forme et une expérience différente de l’exposition.

Le concept d’une exposition post-Atlas, qui voyage avec des spécificités locales, s’inspire de la notion de Wanderung propre à Aby Warburg : une migration transhistorique des formes qui acquièrent de nouvelles significations selon les contextes. Bien qu’il puisse exister quelque chevauchement dans le contenu, chaque édition de l’exposition se déploie sous une nouvelle forme. Au Fresnoy, les photographies de Gisinger étaient imprimées en format plus petit, formant comme un film de pellicule, laissant voir entre chaque image l’espace d’exposition à l’étage supérieur de la galerie. Le rez-de-chaussée, qui pouvait seulement être vu de la salle du haut, devenait un écran pour la projection d’extraits de productions cinématographiques. Au Museu de Arte do Rio, une sélection modifiée des images de Gisinger était imprimée sur du bois et disposée au sol. Encore une fois, le spectateur faisait l’expérience des constellations photographiques en les regardant d’en-haut.

Afteratlas ouvre la voie au débat sur la politique contemporaine de l’art, sa représentation et sa mise en espace. L’exposition met en relation la question de l’« aura » chez Walter Benjamin avec l’approche d’Aby Warburg relative à la reproduction des originaux, à la création de montages photo et aux savoirs non standards qui en dérivent.

Dans cette édition locale spécifique, à la fois pragmatique et plus marxiste dans son approche, le spectateur est invité à réévaluer l’importance de Warburg, de même qu’à repenser la photographie en tant que medium, et les possibilités infinies qu’elle offre en terme de réarrangement, d’intertextualité et de plaisir esthétique. Il interroge finalement de manière critique ce qui pourrait définir la valeur de l’art.

Visuel : Arno Gisinger, Serie Hotel Jugoslavija, 2006 / Copyright Arno Gisinger

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

  • Mots-clefs

  • Archives