TERRAIN SENSIBLE : LE FRAC POITOU-CHARENTES SORT EN MILIEU RURAL

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Terrain sensible : Saâdane Afif – Olivier Babin – Katinka Bock – Michel de Broin – Cyprien Gaillard – Piero Gilardi – François Méchain – Kirsten Mosher – Tania Mouraud / oeuvres de la collection du FRAC Poitou-Charentes / Espinoa – Espace culturel | BAIGNES / exposition du 31 janvier au 2 mars 2014 / vernissage vendredi 31 janvier 2013 à 18h00.

L’Espinoa, lieu d’expérimentations artistiques en milieu rural, inaugure un partenariat avec le Fonds Régional d’Art Contemporain (FRAC) Poitou-Charentes. L’ancien relais de poste de Baignes, aujourd’hui dédié à la création actuelle, accueille Terrain sensible, un Module d’oeuvres en situation d’exposition. Un Module est un ensemble d’oeuvres de la collection du FRAC constitué autour d’une approche, sensibilité, pratique, thématique… commune. Les oeuvres de Terrain sensible, au travers de leurs évocations poétiques du paysage, de leurs désignations parfois humoristiques du rapport de l’homme à la nature ou, encore, de leurs procédés relevant de l’alerte, entretiennent toutes une relation à l’environnement.

Évoquer un élément de nature dans une sculpture, cela induit parfois de figer des éléments en mouvement. C’est ce à quoi s’attache Saâdane Afif dans Stratégie de l’inquiétude, une tentative un peu vaine de représenter en sculpture ce qui tient de l’insaisissable : les caractéristiques physiques et effets visuels provoqués par les mouvements de l’océan. La pratique de Katinka Bock s’articule autour de la mise en scène d’éléments fragiles. Pour Partition en automne, elle a recueilli des branchages pour créer une installation au mur. La ligne accidentée qui se dessine évoque une ligne d’horizon. Par l’utilisation d’un élément de nature, elle souligne la valeur d’indice du matériau : elle prélève un élément de paysage pour en représenter un.

Dès les années 60, Piero Gilardi crée ses premiers tapis-nature, des fragments de nature hyperréalistes produits en polyuréthane. Arguant d’un mode de vie du plus en plus artificiel, ils sont exposés au sol ou au mur, comme les témoins d’une nature factice ou à préserver. Canne, l’oeuvre proposée, présente les restes d’un feu qui, dans ce contexte, évoque l’un des premiers gestes de l’humanité sur la nature.

En regard, François Méchain fait usage de l’artifice dans un tout autre propos. Les 4 images exposées dévoilent le procédé de cadrage dont l’artiste s’est servi pour construire l’image d’un paysage côtier à partir de bouquets posés sur une table de cuisine. S’il nous invite à chercher le charme d’une carte postale dans notre quotidien, il interroge également notre croyance dans les images.

Pour d’autres, au-delà de toute recherche bucolique ou de la fascination pour les éléments naturels, la relation au paysage rural se fait uniquement au travers du prisme de l’activité humaine. Les procédés employés par les artistes impliquent une mise à distance, un intermédiaire qui empêche toute relation directe à la nature. La photographie d’Olivier Babin est une capture d’écran lors d’une projection cinéma. La prise de vue en hauteur de la moisson souligne l’effet de mise en scène, tout comme le travail agricole modèle le paysage. Dans sa série, Tania Mouraud photographie la campagne telle qu’elle se reflète dans les bâches d’emballage des balles de paille. Dans ce miroir déformant, les particularités et détails s’estompent, désignant le risque d’une activité qui normalise et unifie le paysage.

La photographie de Cyprien Gaillard est la prise de vue d’une oeuvre installée de façon permanente au Château d’Oiron. Pour celle-ci, l’artiste a importé des gravats issus d’une démolition d’une tour à Issy-les-Moulineaux pour en faire l’allée centrale qui conduit au château. Peu visible, cette oeuvre inscrit pourtant dans le paysage les restes d’un urbanisme utopique, une ruine moderne, dont les visiteurs foulent désormais l’échec.

Si l’on peut évoquer des lieux qui ne sont plus, on peut aussi rappeler l’existence de l’ailleurs, un lointain peu accessible qui est porté à notre attention. Dans son oeuvre, Kirsten Mosher détourne un miroir de surveillance et aborde sa surface convexe comme une mappemonde en y gravant une carte de l’Antarctique. Associant le reflet de notre image à la représentation du territoire, Antarctica Surveillance Mirror invite chacun à maintenir un état de veille sur cette région du monde la plus sensible au changement climatique.

Chez Michel de Broin c’est une autre forme de responsabilité individuelle qui se joue. L’artiste a transformé une Buick en voiture à pédales. Toutes les composantes mécaniques ont été ôtées, les passagers deviennent la force motrice de ce véhicule qui dénonce un système basé sur la performance à tout prix et un rythme de vie effréné. La vidéo présente une sortie de la voiture et son arrestation dans les rues de Toronto.

Espinoa : impasse des halles Baignes http://www.cdc4b.com 05 45 78 89 09

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