LE « SWAMP CLUB » DE PHILIPPE QUESNE AU PARVIS DE TARBES

w_13071701_rdl_1095

Swamp Club : Philippe Quesne / Vivarium studio / Mar 28 Janvier 2014, 20:30 /  Le Parvis C,  Tarbes (scène nationale Tarbes-Pyrénées).

Le Parvis de Tarbes est l’une des scènes nationales les plus dynamiques, dont les programmes plutôt bien vus font une belle ambassade à la création contemporaine. L’excellent « Swamp club » de Philippe Quesne en est la parfaite illustration.

Voir évoluer les personnages de Philippe Quesne c’est prendre le pouls de l’humain.

Philippe Quesne aime comparer ses spectacles à une série d’études entomologiques dans lesquelles on pourrait observer des êtres humains comme au microscope. Composés de gestes anodins et de rituels de l’ordinaire, ils mettent en scène de petites cérémonies dérisoires, ludiques mais hautement symptomatiques des travers de notre société. Une forme de portrait de la société s’en dégage, le plus souvent extrêmement drôle, car les spectacles du Vivarium Studio (c’est le nom de sa compagnie) ont gardé l’esprit d’enfance, esprit qui sied parfaitement aux intentions de l’auteur. Avec Le Swamp Club, Philippe Quesne prend pour objet d’étude le milieu de l’art contemporain. C’est un milieu qu’il connaît bien, lui qui est plasticien de formation. La fable se déploie donc dans un centre d’art contemporain et lieu de résidence d’artistes, Le Swamp Club. Au centre d’un marécage peuplé de créatures et autres feux follets, ce lieu de méditation et de création vit paisiblement à l’écart du monde jusqu’au jour où son directeur apprend que le centre est menacé par un projet urbain qui le vouerait à la destruction.

Ce conte, imaginé comme un livret d’opéra qui laisse résonner les accents de Chostakovitch et de Schubert, nous expose un espace et un temps de résistance. Puisant aussi bien dans le militantisme culturel contemporain que dans l’univers des super-héros, s’inspirant de figures européennes mythiques comme celle de Robin des Bois, le spectacle drôlatique du Vivarium Studio nous montre une certaine façon de faire de l’art, de produire des œuvres et de vivre ensemble. Dans une scénographie à la fois fantastique et réaliste, accompagnée d’un quatuor à cordes, la petite communauté d’artistes du Swamp Club organise sa défense et passe peu à peu de la mélancolie à la révolte, s’interrogeant sur la part de résignation que porte la patience à une époque où l’attente et la passivité sont érigées en mot d’ordre.

LIRE AUSSI : l’Expérience du marécage selon Philippe Quesne

Voir le programme 2014 du Parvis : http://www.parvis.net/default.asp

photo C. Raynaud de lage, Festival d’Avignon.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

  • Mots-clefs

  • Archives