« LA VECCHIA VACCA », FESTIVAL IMPATIENCE AU 104

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« La Vecchia Vacca » : Conception et mise en scène Salvatore Calcagno / Au 104, dans le cadre du Festival Impatience édition 2014 les 6 et 7 juin 2014.

La Vecchia Vacca est un poème d’un fils à sa mère. Poème d’amour et poème au vitriol. La pièce entière est un poème visuel. Les vies sont comme figées. Dans une cuisine en Formica des années 60, une femme aux seins nus – la mère – fume, femme toujours jeune aux mimiques de vieilles, stéréotype de la mama italienne peut-être, un peu animale, encore pulpeuse et érotique.

Ici, le temps est comme arrêté, les gestes quotidiens sont mécanisés et esthétisés. Par instant les corps deviennent des images sublimées de personnages grotesques et exubérants, il semblerait que l’on se promène de la scène de théâtre à l’écran de cinéma avec humour et poésie. Les lumières qui baignent le plateau subliment une esthétique déjà chorégraphiée, un univers où le trop-plein côtoie le vide affectif.

De la scène domestique à la saynète de western spaghetti, les corps se meuvent en lenteur ou en accéléré, se dénudent et se pavanent sous le regard de l’autre, entre attirance et moquerie. Les femmes sont fardées telles des vedettes de cabaret, ou encore des poupées mécaniques, dont le sujet de prédilection est ce fils/frère/amant. Un seul homme dans un monde de femmes, l’enfant roi à qui l’on prépare les tartines de Nutella, pour qui l’on se maquille et qui est la cause de toutes jalousies. Car il part ce fils, et dans les bras d’une autre qui plus est.

Salvatore Calcagno est né en Belgique mais son art est hanté par l’exubérance italienne. Il écrit en français et en sicilien, et ce spectacle est une plongée dans l’imaginaire d’un homme-enfant, où les femmes sont des ogresses érotiques aux traits maternels. Le garçon est en partance, il semble vouloir échapper au manque d’amour symbolisé par un trop d’amour.

« Pourquoi sont-ils nus sur scène » se demande un lycée en sortant de salle ? Pour la beauté des corps ? Pour la beauté des corps ? Pour mesurer la possibilité de l’inceste, comme une épée de Damoclès, entre la mère et son fils ; pour signifier l’aisance d’un fils quant à sa sexualité et la liberté qu’il a à l’exposer aux yeux de sa mère.

Cette demi-nudité questionne, elle semble nous dire : entrez dans l’univers de cette famille peu ordinaire, de cette mère protectrice, et en même temps quoi de plus banal que cette vie exposée là : le fils prodigue part faire sa vie, les femmes restent pour commenter ses choix. On entame une formidable plongée dans les années 60 en Italie, dans une esthétique outrancière et plaisante à la Fellini.

Moïra Dalant

Ce spectacle a reçu le prix des Lycéens du Festival Impatience 2014.

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