MARION TIVITAL, « INNER LANDSCAPES », PASCAL POLAR BRUXELLES

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MARION TIVITAL : Inner Landscapes / Galerie Pascal Polar, Bruxelles / February 12 > March 25, 2015 / Opening: Thursday, February 12.

Marion Tivital expose pour la première fois à Bruxelles à la galerie Pascal Polar. Ses peintures raviront les amateurs de « natures mortes » insolites. Son travail peut être comparé à des artistes tels que Michaël Borremans, Hans Op de Beeck ou Hiroshi Sugimoto.

«Morandi est un de mes maîtres avec Vermeer. J’admire tout chez lui. J’admire l’homme et sa simplicité, son ascétisme, son travail obstiné, en profondeur. Et puis sa quête intérieure et la spiritualité qu’il y met, la force de son dessin. La sobriété et la poésie de son œuvre me touchent profondément. C’est vraiment un maître, un amoureux de la lumière et des paysages intérieurs.

Ce qui m’intéresse dans les paysages industriels c’est le manteau de lumière qui habille les volumes et ce que je trouve vraiment très beau, c’est la lumière sur des entrepôts, les silos, les masses géométriques des usines. On me dit que l’humain est absent de mes tableaux : je ne représente pas la nature vierge, je peins des choses que l’homme a fait de ses mains, a pensé, a choisi, a utilisé. Je trouve que ces sites sont porteurs de bien plus que des paysages vides.

Les plongeoirs, les stations services, les caravanes: la pseudo insignifiance et la plastique de leur forme ont attiré mon regard. C’est le rapport entre ces formes géométriques et leur environnement, l’intégration inexorable et lente de ces masses dans le paysage que j’ai envie d’étudier. Trouver la beauté là où on ne l’attend pas. On me parle de Hopper parfois, mais je ne me sens pas spécialement être proche de lui. Ses compositions sont parfaites et très fortes, mais je trouve que ses personnages sont anecdotiques. Et je ne veux surtout pas aller vers l’anecdotique, au contraire. Pour moi Hopper est plus un peintre de la solitude que du silence.

J’essaye de retranscrire l’essentiel de ce qui se dégage de la nature « morte », et donc j’ai remarqué que plus on simplifie plus cela laisse de la place à l’interprétation. Non seulement à la mienne, mais également à celle de la personne qui regardera ensuite le tableau. Je fuis l’anecdotique et le superflu. Pour moi cette simplification est l’une des voies qui me permettent de retranscrire avec justesse ce que je vois. J’essaye de me mettre dans un état de flottement, de faire le vide dans ma tête, d’être une éponge à sensation, de ressentir pleinement ce qui se passe.

Concernant le côté presque intemporel de certains paysages, ce qui me fascine c’est qu’on les considère vraiment comme un décor. On ne les regarde pas, on passe devant sur la route, en voiture ou en train, on les oublie complètement. Mais tout ce qui est là, les poteaux électriques, les citernes à eau, les usines, les centrales nucléaires ne sont pas un décor. Nous ne resterons pas longtemps, tandis que ces choses seront toujours là, témoins d’un passé. En fait, nous sommes le décor. Ce que mes tableaux seront dans cent ans ne m’intéresse pas, je ne serai plus là pour le voir. Mais ce qui m’intéresse est de redonner à ces paysages une place qui sera autre que celle d’un décor inutile car ce sont des présences qui nous survivront et qui sont importantes.»

Extraits tirés de l’interview de Marion Tivital par Jean-Daniel Mohier, 13 mars 2013.

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Visuels copyright the artist / Courtesy Galerie Pascal Polar Bruxelles

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