BRUCE NAUMAN, FONDATION CARTIER, PARIS

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Bruce Nauman / Fondation Cartier, Paris / 14 mars-21 juin 2015.

Du 14 mars au 21 juin 2015, la Fondation Cartier pour l’art contemporain présente la première exposition majeure de l’artiste américain Bruce Nauman à Paris depuis plus de 15 ans. Pour cette occasion, l’artiste a sélectionné une série d’œuvres récentes, présentées pour la première fois en France à côté d’installations plus anciennes.

L’ensemble représente un large éventail des mediums explorés tout au long de sa carrière et reflète l’attention très particulière que Bruce Nauman porte à l’environnement immédiat entourant ses œuvres et à l’implication physique et sensible des spectateurs. Œuvres immersives, les pièces exposées résonnent avec le bâtiment de la Fondation Cartier et accentuent le contraste entre les espaces d’exposition transparents du rez-de-chaussée et ceux, plus fermés, de l’étage inférieur.

Présentée pour la première fois en France à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, cette sélection d’installations multimédia, d’œuvres sonores et de sculptures rend compte de la nature protéiforme de la pratique artistique de Bruce Nauman. Au rez-de-chaussée, l’artiste joue avec la transparence et l’immatérialité du bâtiment : vides en apparence, les espaces extérieurs et intérieurs contiennent trois œuvres récentes particulièrement saisissantes. Dans le jardin, la pièce sonore For Beginners (instructed piano) (2010) invite les visiteurs à découvrir un enregistrement de l’artiste et musicien Terry Allen jouant du piano, sa partition se composant d’une liste d’instructions de Bruce Nauman relatives au placement des mains du pianiste sur le clavier.

La grande salle d’exposition accueille Pencil Lift/Mr. Rogers l’œuvre la plus récente de Bruce Nauman (2013). Diffusée sur un grand écran LED aux proportions spectaculaires, l’image semble ainsi flotter dans l’espace transparent du rez-de-chaussée. Avec Pencil Lift/Mr. Rogers, l’artiste poursuit son exploration des actions physiques et de la gestuelle des mains en particulier : de simples actions effectuées du bout des doigts avec des crayons dans son studio se transforment en signes ambivalents et illusions d’optique, jouant sur des sensations de tension et d’équilibre.

Dans la salle adjacente, la voix de Bruce Nauman répète inlassablement « For children » (pour les enfants) : malgré l’apparente simplicité de ses moyens, l’œuvre sonore For Children/Pour les enfants (2015) atteint une complexité insoupçonnée, à mesure qu’apparaissent et se mêlent des références aux notions de jeu, d’éducation et de dépassement des barrières physiques et mentales. Adaptée par l’artiste pour l’exposition, la pièce sera présentée pour la première fois en anglais et en français.

À l’étage inférieur, trois sculptures multimédia à la présence physique percutante insufflent à l’exposition de nouvelles perspectives visuelles. Avec l’installation vidéo Anthro/Socio (Rinde Facing Camera) (1991), la figure humaine apparaît pour la première fois dans le parcours de l’exposition : répétée sur six moniteurs et trois écrans de projection, elle accueille frontalement le visiteur dans la première salle. Rinde Eckert, chanteur et artiste performer, répète haut et fort plusieurs séries de mots (« Feed Me/Eat Me/Anthropology » par exemple, trad. nourris-moi/mange-moi/anthropologie) et confronte les spectateurs au désir ontologique de l’Homme d’entrer en relation.

Face au visage de Rinde Eckert, la sculpture Carousel (Stainless steel version) (1988) emporte dans sa ronde, démembrés et suspendus par le cou, des moulages d’animaux — daims et lévriers. Certains d’entre eux raclent le sol, emplissant l’espace d’un son obsédant. En guise de conclusion, la dernière salle de l’exposition accueille l’installation vidéo Untitled (1970-2009), créée à l’origine pour la Biennale de Tokyo en 1970 puis revisitée pour la participation de Bruce Nauman à la Biennale de Venise en 2009. Suivant les instructions données à l’avance par l’artiste, deux danseurs tournent au sol dans le sens des aiguilles d’une montre jusqu’à épuisement. Profonde méditation sur l’écoulement du temps, l’œuvre rappelle par ailleurs les premières œuvres de l’artiste dans lesquelles il cartographiait son studio par les déplacements de son corps.

Cette exposition, spécialement créée pour la Fondation Cartier, offre une occasion unique de découvrir certaines des œuvres les plus marquantes de Bruce Nauman de ces deux dernières décennies. Elle révèle également le lien rarement exploré entre ses pièces les plus abstraites — vidéos et œuvres sonores centrées sur une exploration de la voix et du corps humains — et ses installations monumentales, chargées de références spirituelles et environnementales.

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1- Portrait de Bruce Nauman dans son atelier, 2009 Photo © Jason Schmidt / 2- Bruce Nauman, Carousel (Stainless Steel Version), 1988 / copyright the artist / Fondation Cartier, Paris.

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