LE FIL ROUGE : FRED SANBACK, CHIHARU SHIOTA, ISA MELSHEIMER & HANS OP DE BEECK, LOUIS VUITTON PARIS

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Le fil rouge – Fred Sandback, Chiharu Shiota, Isa Melsheimer et Hans Op de Beeck / Espace Louis Vuitton, Paris / Du 6 février au 3 mai 2015

L’exposition Le fil rouge réunit les trois espaces culturels Louis Vuitton à Munich, à Paris et à Tokyo. Elle présente des œuvres existantes et inédites réalisées par huit artistes contemporains. Le fil est ici matériau plastique malléable et vecteur de sens. S’il se réfère au savoir-faire artisanal, ce médium permet également de tisser des histoires. Il nous relie à nos origines et permet, pour les artistes de révéler des lieux et de composer des espaces à traverser. L’espace culturel Louis Vuitton devient ainsi le terrain de jeu des artistes Fred Sandback, Chiharu Shiota et Isa Melsheimer, tandis qu’Hans Op de Beeck propose une vidéo. Les artistes transforment la perception que nous avons du lieu d’exposition, et créent des expériences pour le spectateur, incité à suivre le fil et à franchir d’étranges passages.

Fred Sandback trace des lignes dans l’espace. À l’aide d’un fil acrylique noir, il dessine une sorte de paravent transparent. Ce matériau lui permet de construire un volume empli de vide. L’œuvre, reconstruite in situ pour l’exposition, se découvre comme une invitation à un franchissement et le spectateur la rencontre dans une extrême proximité. À côté, une autre pièce est réinstallée, prenant appui sur un mur. Le fil acrylique orange forme un carré qui trouble notre regard.

Ces deux œuvres nous guident vers l’installation de Chiharu Shiota. L’artiste japonaise a composé un passage : Un entrelacement de fils noirs où sont disposés des petites ampoules qui s’allument et s’éteignent plonge le spectateur dans une atmosphère onirique. L’œuvre incarne ainsi les thèmes chers à l’artiste, la vie et la mort et propose une expérience immersive.

Tel un rite de passage, elle introduit l’univers de la vidéo d’Hans Op de Beeck. L’artiste y met en scène, pour la première fois, des marionnettes pour raconter une histoire d’amour entre une fille et un garçon punk. Les images silencieuses nous émeuvent et nous font comprendre notre existence. Par ce court-métrage, l’artiste nous livre une réflexion sur le lien qui unie profondément deux êtres.

Après cette première expérience, le spectateur redécouvre la lumière de l’espace d’exposition avec le travail d’Isa Melsheimer. Cette artiste qui s’intéresse aux formes architecturales a réalisé une installation qui reconstitue en fils des paraboloïdes hyperboliques. L’œuvre transforme l’espace pour mieux mettre en évidence ses caractéristiques, son volume, ses vides et pleins. Ce travail, prouesse technique, le révèle tout en absorbant la lumière créant ainsi une épreuve visuelle pour le spectateur.

Si l’exposition ne permet pas un circuit linéaire, elle offre deux parcours aux ambiances différentes. Le fil se déploie comme un médium aux multiples possibles, ouvert à toutes les manipulations et échelles. Les œuvres tout en jouant sur l’espace véhiculent un message universel. L’exposition nous montre alors comment ce matériau apparaît désormais de façon récurrente dans le travail des artistes.

Pauline Lisowski

Visuel copyright Chiharu Shiota

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