PIERRE MAILLET, « LITTLE JOE NEW YORK 68 / HOLLYWOOD 72 », LE CENTQUATRE

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Pierre Maillet : Little Joe New York 68 / Hollywood 72 / Le 104, Paris / 21 – 29 mars 2015.

Little Joe nous plonge dans le quotidien des laissés pour compte de l’Amérique des sixties. Tapineur, drogué, acteur de seconde zone : la faune arty et underground qui peuple la pièce sort tout droit des pellicules de Paul Morrissey, réalisateur Warholien de la trilogie culte Flesh, Trash, Heat. Entre strass et crasse, Pierre Maillet (théâtre des Lucioles) lui rend un hommage vibrant, dans un diptyque qui nous conduit des boulevards de New York aux impasses de Hollywood.

Little Joe, c’est le surnom donné par Andy Warhol à Joe Dallesandro, lonesome cowboy doté d’un sex-appeal à faire courir et mourir à ses pieds le masculin, le féminin ou tout autre genre.

Cette gueule d’ange est le pivot de la trilogie filmique de Paul Morrissey : Flesh, Trash, Heat, trois parcours sur le wild side chanté par Lou Reed, ceux du tapineur, du camé et du cachetonneur.

En longs plans séquences – mises en situation aux dialogues improvisés – devenus des documents irremplaçables sur les États-Unis au temps de la guerre du Viêt Nam, Paul Morrissey dévoile le quotidien d’un microcosme entre strass et crasse, produit dérivé de la Factory warholienne.

Tandis que Flesh et Trash (1968) sont focalisés sur les soubresauts du New York underground, Heat (1972) se transfère, quatre ans plus tard, vers une moite normalisation californienne. Dans son adaptation-hommage aux films de Paul Morrissey, Pierre Maillet a redistribué la course au sexe, à la drogue et au rôle à trois acteurs différents (Denis Lejeune, Matthieu Cruciani et Clément Sibony). Il a écouté la respiration intérieure des films et retenu leur double localisation pour recentrer la trilogie en diptyque, deux épisodes à voir ensemble ou s­éparément. Little Joe effectue ainsi un trip des petits matins new-yorkais aux crépuscules hollywoodiens, où les boulevards finissent en impasses sur le Pacifique, et les flambeurs dans les cendres d’une industrie médiatique digère-tout.

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