SHANTA RAO & JO-EY TANG, « PATCH », NATHALIE OBADIA PARIS

patch

SHANTA RAO ET JO-EY TANG : PATCH / Galerie Nathalie Obadia Paris / 3 Octobre – 7 Novembre 2015 / Vernissage Samedi 3 Octobre 2015, de 17h à 20h.

La galerie Nathalie Obadia présente Patch, une exposition de Shanta Rao et Jo-ey Tang. Le patch et ses diverses connotations constituent pour ces deux artistes un support cognitif, et servent de guide spirituel et matériel à leurs pratiques respectives. En anglais, le terme « patch » peut renvoyer à un fragment de code informatique destiné à corriger temporairement un bug ; cela peut aussi désigner un petit morceau de tissu que l’on pose pour rapiécer un vêtement, un substitut à la cigarette, une période de temps indéfinie, un pansement posé sur une lésion ou sur un œil blessé, un bout d’étoffe porté comme décoration ou comme signe d’appartenance, un lopin de terre ou un espace d’exposition. Lorsque deux artistes exposent ensemble, la conscience du spectateur constitue une forme de patch indispensable à la compréhension.

Les œuvres de Shanta Rao (franco-indienne, elle vit et travaille à Paris) évoquent la question du devenir. Empruntant des trajectoires transformatives par un processus à la fois informatique et mécanique, les objets d’origine – texte, son ou image – deviennent à même d’entrer en coalescence avec la matière et s’incarner en avatars : des pixels agissant à la manière des particules impactent des plaques de cuivre; des aplats d’encre phagocytent des images matricielles; des fréquences hertziennes traduites en données audionumériques se matérialisent en matière molle; des gestes deviennent diagrammes puis paysages électroniques ; des algorithmes donnent forme à des surfaces caoutchouteuses ; des photos de guerre et d’émeutes mutent en courbes vectorielles ; des textes littéraires se font sér igraphies dont la motif trouve sa source dans le code binaire.

Pourtant, il ne s’agit pas là d’un art numérique qui se manifesterait dans des dispositifs immatériels, ou se matérialiserait via des machines inféodées au paradigme informatique – comme les imprimantes 3D. Il faut plutôt y voir une pratique artistique située au croisement du code informatique et de ses amplifications matérielles, artisanales en l’occurrence.

Un changement de langage, de forme, de matériau. Fonctionnant de manière autonome et dans le cadre d’installations, les œuvres de Shanta Rao résultent d’une approche combinatoire où se mêlent des techniques bi- et tridimensionnelles : sérigraphies, procédés d’impression revisités, installations numériques, photogrammes, moulages – avec une prédilection pour les matériaux souples comme le caoutchouc ou l’élastomère, mais aussi pour les plastiques ou les métaux, tel le cuivre.

Dans Patch, Shanta Rao présente des œuvres qui oscillent entre l’illusion d’un espace profond et la qualité tactile de la surface. Tirées d’images matricielles basées sur cette forme élémentaire qu’est le pixel, les œuvres définissent et affrontent une forme de mutabilité : encre noire sur fond noir, anfractuosités mates sur des surfaces brillantes, images qui par porosité s’interpénètrent et s’absorbent les unes les autres, oscillant entre abstrait et concret.

Patch (Millstätt – St Moritz), Shanta Rao & Jo-ey Tang, 2014-2015

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