« UN GENIE SANS PIEDESTAL » : PICASSO AU MUCEM

2. Pablo_Picasso_Portrait_de_Paule_de_Lazerme_en_catalane_1954_Musee_BA_Hyacinthe_Rigaud(c)Succession_Picasso_2016

Picasso et les arts & traditions populaires, du 27 avril au 29 août 2016 au MUCEM Marseille.

« Il n’y a pas d’art abstrait. Il faut toujours commencer par quelque chose. On peut ensuite enlever toute apparence de réalité́ ; il n’y a plus de danger, car l’idée de l’objet a laissé une empreinte ineffaçable. »
« Conversation avec Picasso », Dialogues avec Christian Zervos.

Bien sur, lorsqu’on avance sur la passerelle du fort Saint Jean menant au MUCEM à Marseille, on se dit « encore une exposition sur Picasso ! »… tant il est vrai qu’on a l’impression d’avoir tout vu et revu sur ce peintre qui assure une fréquentation certaine voire record à tous les musées qui s’en saisissent…

Après une fouille en règle dès l’entrée du Musée, on finit par accéder à l’une des deux salles réservées aux expositions temporaires. Situées au deuxième étage de ce magnifique Musée au point de vue incomparable sur la méditerranée et Marseille, alors qu’on s’était bien promis de ne plus s’y laisser prendre, c’est de nouveau le choc car Picasso nous réapparait prolixe, touche à tout, unique.

Ainsi, 270 oeuvres s’attachent à montrer comment Picasso, tout à la fois inscrit dans son époque et attaché à ses racines, a nourri son travail d’influences issues des arts et traditions populaires. Ce parcours, divisé en quatre sections, met en miroir des chefs-d’œuvre de l’artiste avec des objets-références issus des riches collections du Mucem. Grâce à des prêts exceptionnels et au soutien de nombreuses collections publiques et privées, françaises et internationales, tel le Musée national Picasso-Paris, l’exposition permet de réunir des œuvres essentielles et iconiques, mises en perspective avec des découvertes inédites.

En effet, qui aurait pu utiliser autant de supports, autant de matière, autant de formats en réussissant quasiment tout, à part Picasso ? On traverse autant les époques et les styles pour accéder à un Picasso très sensible avec des pièces qui semblaient vouées à l’intimité du peintre et qui, ici exposées, nous rendent ce génie si sympathique, presque familier.Tout au long de la visite, vont passer devant nos yeux, des séquences de la vie artistique du peintre où s’entrecroisent tantôt ses origines espagnoles, tantôt ses topiques comme sont attirance pour la tauromachie …

De Paule Lazerne en Catalane (1954) à l’Arlésienne en passant par les instruments de musiques cubistes ou des études pour le ballet Pulcinella (1920), on avance dans le temps puis on revient sur ses pas avec une grammaire picturale qui change au fur et à mesure que le peintre expérimente, construit, puis déconstruit, change ses formes, sa façon de peindre… En plus des huiles ou gouaches classiques, on voit dans cette exposition des découpages sur papier ou métal, de magnifiques plats en argent sculptés, de nombreuses terres cuites, des assiettes qui gardent l’emprunte du Maitre avec des scènes de tauromachie et des signatures amples qui rappellent le temps où il séjournait à Vallauris. On reste subjugué par cette toile du « Minotaure » et la retranscription d’un univers où les taureaux sont magnifiés…

La réussite de cette exposition imaginée par Joséphine Matamoros et Bruno Gaudichon, réside donc dans le fait de nous rendre ce peintre, dont le nom surgis même sur le capot de voitures, familiers, humain, en un mot, touchant. Les différentes séquences qui rythment remarquablement l’exposition nous font passer non seulement des objets laissés par le peintre un peu comme des essais, des choses qu’il n’a pas forcément destinées à l’exposition tels ces jouets qu’il faisait pour ses propres enfants, ces figurines au feutre sur du Kraft – qui peut donc imaginer que Picasso dessinait avec un simple feutre ! – ou du sable comme sur cette Fillette au cerceau (1919).

Donc, tout y passe, tout est passé en revue : le costume, le cirque, la colombophilie, l’orfèvrerie, les collages, les assemblages d’objets populaires ou trouvés, métal coupé, linogravure, morceau de feuilles de palmiers, bois peint… On voit même toutes ses tentatives avec Marie Cuttoli qui chercha dans les années 20 comment relancer la tapisserie…

La dernière salle nous rend un Picasso déjà plus connu avec des sculptures mais, tout de même, on est touché par son choix de transcrire des animaux du quotidien, ni Ours, ni Lions, non, des chèvres, des singes… animaux visibles par tous, traduisant cette volonté du peintre de se mettre à notre niveau, dans notre quotidien. Populaire. A la sortie, un film où Pablo, d’un geste sûr, signe de son nom célèbre et ajoute Vallauris, 1950. Toute une époque…

E. Spaé

Le Matador

Pablo Picasso, Portrait de Paule de Lazerme en catalane, 1954 – Musee Hyacinthe Rigaud,succession Picasso 2016 / El Matador, 1970 succession Picasso – Paris, musée Picasso. MP223.

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