ROCIO MOLINA & LA TREMENDITA, « AFECTOS », AU 3e FESTIVAL LES NUITS FLAMENCAS D’AVIGNON

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ROCIO MOLINA & LA TREMENDITA, « Afectos » / Festival LES NUITS FLAMENCAS d’Avignon – 3e édition / Jeudi 26 mai 2016 20h30 – Théâtre du Chêne Noir, avignon.

Ainsi, grâce au Festival Les nuits Flamencas, Rocio Molina est-elle venue à Avignon et c’est heureux. Pour ceux qui ont pu rentrer hier dans la salle archi-comble du Théâtre du Chêne Noir, ils ont pu assister à un grand moment de Flamenco… Pas un Flamenco poussiéreux d’une bodega pour touristes, non, un Flamenco certes moderne et revisité, mais authentique, qui puise à la source pure du Flamenco.

Ce récital dansé ne serait pas le même si Rosario Guerrero, La Tremendita – déjà présentée au Festival en 2014 – n’y mettait pas son grain de Flamenco avec des chants profonds, d’une ampleur qui colle parfaitement à l’exubérance de la Molina.

En deux temps forts liés, Afectos nous touche parce qu’il nous apporte le vécu d’une femme tantôt volontaire, presque dominatrice et c’est pour cela elle porte ses souliers rouges à brides. C’est un signe. La puissance du frappé est renforcée par la fluidité du bras qui accompagne la danse… le buste reste léger lorsque les jambes portent et scandent le sol d’une énergie manifestement vitale.

Il faut attendre la seconde partie pour que, tout de noir vêtue, la Molina entre, cheveux cachés, toute méditerranéenne, presque effacée, son pied chaussé cette fois-ci de noir, avançant sur le plancher comme empêché. C’est la femme en douleur et en piété qui nous apparaît. On pense à Picasso. La femme espagnole est là devant nous. La Molina, moins bravache, plus douce et comptant sur sa séduction lâche alors un flamenco tout aussi puissant que celui de la première partie, mais plus en fusion, avec un autre vocabulaire comme par exemple celui de la danse contemporaine avec ces fentes qui s’encrent dans le sol, ces cambrures ou ces petits effets de pieds et de jambes qu’on voit dans le Tango.

Afectos, c’est aussi une histoire entre deux êtres, deux femmes qui se cherchent, se trouvent et se quittent… Sur scène, les deux artistes, à peine troublées par Pablo Martin à la contrebasse, se cherchent, se toisent, se retrouvent côte à côte l’une sur un tabouret, l’autre sur un fauteuil et toutes deux échangent leur flamenco banalement mais on sent tout ce qui unit et rassemble ces deux forces de la nature.

Elles prennent soin l’une de l’autre. Elles s’habillent mutuellement. Elles cassent ainsi le mythe du Flamenco dur et solitaire.

Afectos garde intact le cœur de la danse Flamenco. Il dispose d’un noyau dur toujours prêt à exploser à tout instant mais touche même les puristes tant la sincérité ne fait pas de doute.

Une soirée mémorable, un temps unique qui augure bien de ces dix jours à venir. Sortez, soyez à l’heure andalouse, allez au Festival Les Nuits Flamencas.

E Spaé

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