MONTPELLIER DANSE : BERNARDO MONTET, « CARNE »

BERNARDO MONTET – « CARNE » – Festival Montpellier Danse – Théâtre La Vignette Montpellier – Mercredi 05 juillet à 18h et jeudi 06 juillet à 20h.

Carne nouvelle création pour 5 danseurs du chorégraphe Bernardo Montet nous transporte comme il dit « dans une situation trans-humaine et trans-historique…une régression à l’instinct animal ». 

Bernardo Montet nous avait déjà présenté des pièces fortes aux sujets tels que le colonialisme, l’identité, la conscience des corps, la résistance. Avec Carne il maintient son univers poétique et politique en plongeant notre regard sur ces peuples disparus de la Terre de Feu : les peuples Selk’nam, Yamana et Kawésqar. En effet Bernardo Montet s’inspire des photographies du missionnaire allemand Martin Gusinde. Ses expéditions réunies dans le livre L’Esprit des Hommes de la Terre de Feu ( éditions Xavier Barral), nous plongent au début du XXème siècle dans des paysages et des corps qui rendent grâce à la nature.

Sans caricature autrement dit sans passer par une reproduction primaire des rites mais à travers de subtiles évocations, Bernardo Montet reste fidèle dans sa pièce chorégraphique à la recherche anthropologique du photographe.

Sur scène s’installe un retour aux sources, un espace nu et naturel finement mis en valeur par la création lumière de Michel Bertrand. La création musicale, elle aussi, joue avec simplicité et élégance à invoquer les merveilles du monde. Bernardo Montet met en complicité la terre avec le feu, la terre avec l’eau, l’Homme avec la nature, sa nature. Il s’agit d’un appel aux sens pour remettre en question le matérialisme du monde devant l’essentiel : l’homme et ce qui l’entoure. Bernardo Montet veut signifier un rapport au monde trop oublié. Ouvrir les yeux sur ce qui était et continuer à l’incarner comme un élan vital.

Carne ouvre une brèche dans nos corps occidentaux pour laisser passer la lumière tendre de la nature et de l’autre. Ainsi les 5 danseurs se suivent, s’épousent, se personnalisent dans des solos mais tous font attention les uns aux autres. Le toucher, le regard sont donc primordiaux dans cette pièce nuancée entre silence et physicalité. Une écoute sensible de l’autre se déploie ainsi que les notions de durée et d’espace soit les fondamentaux de l’écriture chorégraphique.  On ne peut que louer la création esthétique et la poésie suggérée par cette pièce. Néanmoins Bernardo Montet avait prévenu d’un tremblement. On aurait aimé peut-être que ça claque davantage, que l’émotion soit plus grande, qu’elle nous ébranle dans la chair au-delà des images.

Aude Courtiel

photos – Bernardo Montet : Carne © Didier Olivré

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