FESTIVAL D’AUTOMNE : BENEDICT MASON RECOLORIE CHAPLIN

chaplin operas

Benedict Mason – « Chaplin operas » – Ciné concert – Ensemble Modern – Johannes Kalitzke, direction  – Eva Resch, soprano –  Holger Falk, baryton – à la Philarmonie de Paris du 9 au 13 octobre 2019, dans le cadre du Festival d’Automne à Paris.

Jamais je n’avais autant ri à un concert de musique contemporaine.

Trois films muets sont présentés dans la petite salle de la philharmonie, des musts de Charlie Chaplin, Charlot s’évade, l’immigrant, et l’aventurier.

Au pied du grand écran est installé un petit orchestre d’une dizaine de personnes , une soprano : Eva Resch et un baryton, Holger Falk. Ceux-ci et les musiciens vont jouer une drôle de partition sonore composée de cris, de mots, de poésies, avec du Russe beaucoup de Russe que peu comprennent, et pas mal de percussions.

Les films de Charlie Chaplin ne m’ont jamais fait vraiment rire. Parce qu’ils procèdent à une distortion de la misère, où l’on se sauve de toute situation périlleuse d’une pirouette. Qui a déjà passé commande d’un repas sans savoir comment payer ? Qui s’est déjà fait voler tout l’argent de son voyage, qui a eu peur dans les quartiers pauvres et mal famés, dans les rues désertes et noires ? Qui a déjà échappé au moins en rêve à la police ? Ce sont les situations des films de Chaplin, cocasses certes mais terriblement angoissantes dans les faits. En en composant une musique pour les accompagner Benedict Masson s’est essayé à un jeu subtil.

Pas question que la musique disparaisse derrière l’image comme dans les mauvais opéras où les films hollywodiens, il fallait sans grignoter le visuel que la musique ait sa vie propre.

Et si au début on est un peu happé par cette dichotomie entre la vue et l’ouie, peu à peu les choses s’équilibrent et l’oreille s’habitue à la place qu’on veut lui faire prendre, qui est en fait celle des émotions.

Exemple : Le cri de la soprano s’envole lorsque sur scène une brave dame reçoit directement dans son corset une boule dr glace tombée malencontreusement du deuxième étage. La voix dirige exhate renforce l’émotion. La musique va tambour battant dans une joyeuse cacophonie, et spectateur même si tu as l’œil sur l’écran ton oreille vibre, et voyages sur les montagnes russes en même temps que la partition, les chants, les bribes de sons et de voix, tout concours à fabriquer un univers sonore des plus grouillants, d’une énergie frénétique et en même temps souligne le désespoir profond, du misérable, de l’emigrant, du voyageur et du prisonnier aventurier.

Une belle manière de sensibiliser ses enfants à la musique contemporaine. Et à revoir des classiques comme recoloriés en rose.

Claire Denieul
Vu le 12 octobre 2019

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