ANISH KAPOOR / ASCENSION

Anish Kapoor, dont on connaît les postures mystiques* et ce travail toujours en méditation, pour la Biennale propose une pièce assez bluffante : élévation ectoplasmique d’un filet de fumée que l’on s’imagine au choix sépulcral, fantomatique ou tout simplement extatique, l’oeuvre force de son évidence conceptuelle la Basilique San Giorgio (Isola San Giorgio Maggiore, face à San Marco sur la lagune) qu’elle occupe de sa majesté en suspens.

Rien à dire : dès l’entrée Ascension est saisissante. Une grande soufflerie aspire un tube de fumée en lévitation vers la voûte du bâtiment, créant cette colonne subtilement tangible, évocatrice -sans doute- d’un corps de Christ à l’heure de sa transcendance. Plus simplement, une jolie métaphore de la Présence -du Christ, de Dieu, de tout ce que vous voudrez- et un dispositif minimaliste pour un rendu maximal.

Oeuvre à méditer longuement, à déguster à petit feu, assis sur le marbre froid de la basilique, guettant le spasme cahotant de la machinerie qui s’emballe à intervalles réguliers, expulsant depuis le sol cette éruption discrète de presque rien, un corps/ectoplasme d’essence -certainement- divine, qu’il suffit juste de contempler.

Oeuvre intense : vibration optimale, comme toujours chez Anish Kapoor qui signe là une belle réussite, pièce majeure dans son oeuvre déjà abondante en chef-d’oeuvres de simplicité et de tension. Emouvant et vivifiant.

Marc Roudier

*(certains diraient le goût immodéré pour le lévitationnellement correct)

Ascension / Isola San Giorgio Maggiore / Jusqu’au 27 novembre.

Photos : copyright Galerie Continua

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