YES WE CAN’T / THE FORSYTHE COMPANY : AVEU D’ECHEC

MONTPELLIER DANSE 2012 : Yes we can’t / The Forsythe Company.

Comme pour beaucoup de spectacles de cette édition du festival Montpellier Danse 2012, les chorégraphes font écrire sur les programmes que les danseurs sont partie prenante de la création. En gros, qu’eux-mêmes n’y sont pour rien, et que ce serait la faute de ceux qui sont sur scène… William Forsythe, figure de la danse contemporaine des années 80, n’échappe pas à la règle avec son spectacle « Yes we can’t ».

Mais il faut bien un responsable à tout ça. « Ça », c’est le spectacle de l’échec sur scène durant une heure qui paraît une éternité. Sur fond de piano joué live par David Morrow, les danseurs entrent en ligne pour s’intégrer dans un chœur. A la queue leu-leu, chacun vient pousser sa note au micro. Puis, le collectif se désagrège petit à petit pour donner lieu à divers solos, duos ou trios plus gaguesques les uns que les autres.

Pourquoi M. Forsythe, alors qu’il a la chance d’avoir une compagnie de 17 danseurs, plus des danseurs invités, se prive (nous prive) du plaisir du groupe ? Hormis ce début tonitruant, à aucun moment le chorégraphe n’utilise ses danseurs comme troupe, comme groupe, comme corps de ballet. Ils pourraient être trois ce serait pareil. Voilà gâché un potentiel au profit de rien, c’est tellement rageant.

« Mesdames et messieurs, bienvenu ce soir à… putain mais de quoi on parle? » dit un danseur tout au long du spectacle. Et l’on se demande bien, en effet, de quoi l’on parle. En fait non, on ne se le demande pas, on le voit bien : le spectacle ne parle de rien, se regarde lui-même parler et s’admire beaucoup. Les gags sont idiots, enfilés comme les perles d’un débutant de l’humour. Une bonne moitié de ces gags ne fait d’ailleurs rire personne. Puis, comme dans toutes les pièces faciles, un danseur vient prendre la parole pour désamorcer les failles du spectacle en s’excusant, comme si c’était fait exprès. « On fait vraiment de la merde ». Ben oui, ce n’est pas la peine de nous le dire, nous avions vu par nous même.

La danse est malheureusement très en retrait derrière un humour «dévastateur» (Eric et Ramsy sont plus drôles, c’est dire). Hormis une micro-danse du plumeau qui a du charme et de l’intelligence, on est éberlué devant un tel gâchis de talent. Il faut plus de quinze ans de travail pour devenir une danseuse au top du niveau et certaines se retrouvent à se coller une moustache et dire « I’m Penelope Cruz ». Hahaha n’est rajoutez pas, c’est tellement drôlatique. Quelle perte. Perte d’argent et de temps. De notre temps, c’est ce qui est le plus regrettable.

Bruno Paternot
envoyé spécial à Montpellier Danse

MONTPELLIER DANSE / Du 22 juin au 7 juillet 2012 / Montpellier / Site : http://www.montpellierdanse.com/

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