SIDI LARBI CHERKAOUI / CEDAR LAKE CONTEMPORARY BALLET : CLÔTURE DE MONTPELLIER DANSE

Sidi Larbi Cherkaoui et le Cedar Lake contemporany ballet / Orbo Novo en clôture du festival de Montpellier Danse 2012.

C’est dans un Corum (le palais des congrès monumental) plein à craquer que s’est clôturée la 32e édition du Festival Montpellier Danse. Sur les 27 spectacles présentés, 23 sont des créations ou des premières en France, comme c’est le cas pour Orbo Novo, chorégraphie créée en 2009 et jamais jouée dans l’hexagone. Cherkaoui, un des chouchous des scènes actuelles, s’est basé sur le livre My Stroke of Insight de Jill Bolte Taylor pour replacer sur scène un univers mental défaillant. Le texte de cette neuro-anatomiste hémiplégique raconte comment elle a vécue son AVC de l’intérieur.

Pour représenter les arcanes du cerveau, le scénographe Alexander Dodge a construit des paravents mobiles quadrillés. L’image est claire, simple et efficace. Dans la première partie du spectacle, les danseurs parlent à la manière d’une conversation (une constante chez le chorégraphe) et citent de longs extraits du texte. Malheureusement, la traduction simultanée ou le sur-titrage ne sont pas au point et la vitesse d’élocution font que l’on perd énormément de ce qui se dit et du jeu entre texte et mouvement. Passées ces premières dix minutes très rébarbative, la pièce commence vraiment. En même temps qu’un soliste parle ou danse, le chœur déplace, escalade ou danse dans la structure.

Rester debout coûte que coûte, voilà ce que nous dit ce texte et que portent haut les danseurs, qui n’ont aucun mal à défendre ce crédo. La danse de Cherkaoui est toute en apesanteur et joue sur les équilibres sans jamais amener le déséquilibre : on voltige ou on tombe, jamais d’état d’incertitude. La danse est précise, intense mais sans envolées lyriques, comme c’était le cas dans XXX composé pour le ballet du Grand Théâtre de Genève.

Le ballet américain du Cedar Lake est autrement plus prosaïque et démonstratif, avec des corps stéréotypés (musculeux chez les hommes, maigres chez les femmes) et ce qu’il faut de mixité ethnique (cautions black, asiat, chicano…). Indépendamment de ses poncifs outre-atlantique, le geste est précis et le jeu de jambe impeccable.

Chaque danseur interprétant l’hémisphère gauche ou droite, le corps chutant, les neurones faiblissants (!) se lance avec foi dans son rôle et le spectacle en ressort grandiose et touchant. Chaque passage de chorégraphie est soigné, aussi bien dans les solos que dans les parties de chœurs. Ceux-ci sont souvent en canon où s’enchevêtrent les corps de façon harmonieuse et millimétrée pour le plus grand plaisir d’un public qui applaudit beaucoup, mais guère plus d’une minute. Pas de rappel, après deux saluts on baisse le rideau : les règles américaines sont indiscutables.

Bruno Paternot

Montpellier Danse 2012 a clôturé le 7 juillet dernier.

Visuel : Le chorégraphe et danseur Sidi Larbi Cherkaoui / Photo DR

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