RETROSPECTIVE JIMMIE DURHAM AU MuKHA D’ANVERS

Jimmie Durham : A Matter of Life and Death and Singing / MuKHA, Anvers / Jusqu’au 18 novembre 2012.

« Je veux réfléchir à l’art. Je veux que l’art fasse partie intégrante du processus de réflexion de l’humanité, non pas de son processus de « ressenti ». Nous avons plus qu’assez d’émotions et de sentiments, mais nous n’avons pas assez de pensées. » Jimmie Durham, 1996.

Le MuHKA présente jusqu’au 18 novembre prochain une rétrospective de grande ampleur de l’œuvre de Jimmie Durham. « A Matter of Life and Death and Singing » met en lumière sa pratique de militant, d’essayiste, de poète, d’artiste de la performance et de sculpteur. Le titre de la rétrospective et du livre reprend celui des premières expositions individuelles de Durham, à l’Alternative Museum à New York en 1985. « Une question de vie et de mort et de chanter » reflète la rigueur et le sens de l’humour de Durham, son inventivité visuelle et sa passion politique, sa résistance délibérée contre l’oppression du système et de l’État.

Anders Kreuger, commissaire de l’exposition : « Nous avons toujours eu l’ambition d’organiser une rétrospective aussi étendue que possible, comprenant les œuvres des débuts de l’artiste. Si celles-ci ont été reprises dans la monographie publiée par Phaidon en 1995, elles n’ont toutefois jamais été présentées dans une exposition rétrospective. Ainsi, l’exposition Pierres rejetées au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris en 2009 était uniquement consacrée à ses œuvres récentes. » Par ailleurs, pour l’exposition From the West Pacific to the East Atlantic qui devait se dérouler à Bruxelles en 2003, mais n’a finalement eu lieu qu’au Musée d’Art Contemporain à Marseille et au Museum Voor Actuele Kunst à La Haye. Il était prévu de publier un catalogue, mais celui-ci n’a jamais vu le jour. Anders Kreuger : « En comparaison, cette exposition-ci sera la plus complète. Dans la mesure où l’espace le permet, nous souhaitons faire un vaste tour d’horizon de l’œuvre. Il y en aura entre 120 et 130 pièces exposées. Nous voulons suivre une certaine chronologie, mais parallèlement, nous souhaitons également mettre en évidence – au travers de cette chronologie – les liens entre les œuvres. Dans cet esprit, il y a par exemple des ensembles comme « Dead animals and other spirits », « Against architecture » et « Against belief » ou « Stone as stone » et « Stone as tool ». Il y a également un ensemble qui constitue une exposition en soi, réalisé pour la biennale Manifesta à Trente. Ces ensembles traduisent à la fois sa pensée et sa méthodologie. Son identité d’écrivain a également voix au chapitre, par exemple, par le biais de sculptures dans lesquelles il intègre du texte, à travers des œuvres textuelles qui sont parfois des essais en soi ou par ses livres que l’on peut consulter dans l’exposition. Celle-ci sera très dense, mais correspond à son activité… Bon nombre de ses projets d’exposition étaient, eux aussi, très denses. »

Jimmie Durham est l’un des artistes contemporains les plus influents. Depuis vingt ans, son œuvre suscite l’intérêt dans le monde entier. Elle est profonde et accessible, politique et personnelle, actuelle tout en transcendant les tendances courantes. Au fil des années, son œuvre a touché différentes générations et Durham exerce une influence sur des artistes, des commissaires d’expositions, des théoriciens et des amateurs d’art à travers ses expositions, ses ouvrages et son activité de professeur aussi.

Dans son œuvre, Durham se sert de tous les éléments des arts plastiques : l’objet, l’image, le mot, le geste, leurs liens. Les images et les mots sont cloués, collés ou peints sur des objets qui peuvent être rendus « vivants » pour le public. Durham dessine et peint ; il utilise la vidéo et parfois la photographie. Il réalise des performances, crée des installations et ses propres musées, parfois en collaboration avec sa partenaire, l’artiste Maria Thereza Alves. En général, elle est derrière la caméra quand il faut des images (en mouvement ou fixes). Néanmoins, l’œuvre de Durham peut être considérée comme de la « sculpture » au sens le plus large du terme : des apparitions matérielles dans l’espace. Les matériaux varient du bois et la pierre à l’os et aux tuyaux en matière plastique en passant par les feuilles de papier écrites à la main et le texte imprimé.

« Je suis un idiot dans mon amour de n’importe quel matériau. Cela doit être évident pour qui voit mon œuvre. Ce n’est ni l’origine, ni l’objectif de mon œuvre, ni la méthode. »

Depuis que Jimmie Durham s’est définitivement détourné des Amériques en 1994 pour venir vivre en Europe, il s’inscrit surtout en faux contre deux grands fondements de la tradition européenne : l’architecture et la foi. Sa vision de l’Europe, qu’il appelle l’Eurasie, fait dès lors souvent surface dans son œuvre. Jimmie Durham se considère lui-même comme un « orphelin eurasien sans domicile fixe ». En Europe, il a vécu successivement à Bruxelles, Marseille, Rome et actuellement, il partage son temps entre Berlin et Naples. On a pu voir ses œuvres dans des institutions et manifestations internationales importantes : aux Biennales de Venise 1999, 2001, 2003 et 2005, au MAC à Marseille, au GEM à La Haye et au Baltic Center for Contemporary Arts à Gateshead (la rétrospective From the West Pacific to the East Atlantic) ; à la Biennale de Sidney 2004 ; au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris (la rétrospective Pierres rejetées… [Stones Rejected…]), etc.

Cette année, Jimmie Durham présente une vaste rétrospective au MuHKA, qui inclut plus de 120 œuvres. Son installation de grande envergure « Building a Nation » (2006) fait partie de la dernière exposition organisée par Kasper König au Museum Ludwig à Cologne, « Before the Law », qui s’est achevée le 22 avril 2012. Enfin, Jimmie Durham participe également à dOCUMENTA(13).

Rétrospective Jimmie Durham / MuKHA Anvers / Du 23 mai au 18 Novembre 2012.

Visuels : 1/ Jimmie Durham, Various Elements from the Actual World, 2009 / 2/ Cortez, 1991 / 3, 4, 5 : vues de l’exposition au MuKHA / Courtesy of the artist and MuKHA 2012.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

  • Mots-clefs

  • Archives