ETRANGE CARGO : IRMAR, « DU CARACTERE RELATIF A LA PRESENCE DES CHOSES », variations pour un pneu

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ETRANGE CARGO : Du Caractère Relatif A La Présence Des Choses / IRMAR / Metteurs en scène : Mathieu Besset et Victor Lenoble / La Ménagerie de verre – dans le cadre du Festival Étrange Cargo / Du 26 au 30 mars 2013.

Le festival Étrange Cargo dynamise chaque année la Ménagerie de Verre en proposant une approche transdisciplinaire du spectacle. Créations ou reprises, les propositions artistiques ont en commun un goût prononcé pour l’hybridité et l’influence d’autres arts. L’IRMAR (Institut de recherche Menant à Rien) offre un objet déroutant intitulé à juste titre« Du caractère relatif à la présence des Choses ».

L’IRMAR a été fondé en 2007 par des membres issus pour la majorité de l’ERAC, et rassemblés autour d’une volonté de recherches. De tout et de rien. Du Caractère Relatif De La Présence Des Choses fait objet de manifeste. Il ne se passera pas grand chose, ou tout, mais surtout un discours métathéâtral et une mise en abîme aussi poétique qu’humoristique.

Ils sont quatre comédiens, présents objets qui font vivre cette installation vivante. Il y a l’homme à la table, ou le conférencier. Monsieur Marchand, l’homme au chronomètre, qui apporte les objets. La jeune fille, toupie italienne. Un Monsieur Loyal, absent physiquement, ou presque, dont la présence est signifiée par la voix, et qui orchestre l’ensemble.

La salle de la Ménagerie de verre, hangar abandonné et vide, se plonge dans un noir total pour laisser place à des bruits divers et plus ou moins familiers : chaînes, choses qui tombent et se brisent, bruits métalliques, aboiements, puis une cacophonie très forte, un cri strident et inquiétant. Et le silence. Plein phare. Alors qu’on avait envie de se boucher les oreilles, on veut fermer les yeux.

On entend d’abord la radio, puis un homme vient déposer une table et repart, alors qu’un pneu traverse le plateau. Au fur et à mesure s’installent et se désinstallent les objets qui feront vivre la scène : des tourne-disques, du mobilier, des boîtes noires, un ventilateur, et surtout des radios ou radio-cassettes, sous la table, suspendus, dans le sac d’une comédienne. Le son est partout, chansons populaires ou paroles perdues.

L’idée, nous dit le comédien caché en coulisses, était de travailler sur Rien. Puis les travaux se sont portés sur quelque chose. Parler de l’absence et de la présence, de leur lien. Du vide aussi. En travaillant avec des objets de la vie quotidienne.

Lorsque Jérome (le régisseur lumière ?) part, les codes changent et les rôles s’inversent. La machine enrayée ne fonctionne plus. Que dire quand on n’a rien à dire ? A la fin, les radio-cassettes, autonomes, dialoguent entre eux, reléguant définitivement la présence des comédiens en coulisses.

Il y a de l’absurde, l’attente de Godot et son aspect mécanique et répétitif ; des histoires avortées et l’écriture fragmentaire et elliptique du Nouveau Roman ; des références esthétiques et les sons expérimentaux de John Cage ; des images de bord de mer et une poésie de l’instant ; des tableaux qui se font et s’en vont. Et un pneu.

Outre nos références bourguignonnes communes, c’est le degré zéro du spectacle qui m’a plu.

Caroline Simonin

 En savoir plus : http://www.menagerie-de-verre.org/images_db/pdf/IRMAR%20site.pdf / http://irmarien.blogspot.fr/

Photo DR / copyright IRMAR

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