BIENNALE DE VENISE : OPENING

aiweiwei
55e Biennale de Venise : Opening

Un opening tout en mondanités qui commence fort tôt au bureau de presse de l’Arsenale et continue dans la cohue des Giardini et les queues impressionnantes des pavillons allemand et français…

La Biennale affiche donc complet ou quasi, ce dès le matin. Plus de 500 journalistes accrédités et quelque trois mille invités aux previews, forcément ça crée du mouvement… Au programme, fort copieux, l’énorme Palazzo Enciclopedico dont le commissaire est le directeur de la Biennale lui-même, Massimiliano Gioni. Une somme toute encyclopédique, certes, mais sans la volonté manifeste de rendre compte d’une totalité, aux dires du commissaire. Mais bien un hommage à l’utopie de Marino Auriti, penseur d’une Babel des pratiques et des savoirs en plein mitan du siècle dernier aux States. Une aventure, donc, branchée toujours selon Gioni sur une spiritualité de bon aloi et cette volonté émancipatrice et libertaire que l’art et les artistes savent si bien rêver.

Du Palazzo Enciclopedico, nous n’aurons vu en ce premier jour qu’un aperçu, celui qu’offre le Pavillon central de la Biennale, aux Giardini. Soit une somme tout de même, un patchwork d’oeuvres plus que d’attitudes réunies dans un désordre apparent, apparent seulement. Et qui se termine fort joliment avec une superbe installation de terre crue des délicieux -et pour l’un regretté- Fischli & Weiss. On connaît l’humour décalé de ces deux-là, un rien britannique, et cette belle installation ne déroge pas à la règle. Pétrissages et figures d’argile crue, figurant des saynettes dérisoires, des situations cocasses, de petites historiettes absurdes : les deux Suisses s’amusent grave, et nous avec.

Les openings étant ce qu’ils sont, il faudra bien les trois jours prévus pour tenter d’apercevoir un tant soit peu quelque chose de cette biennale, la 55e du genre. Forcément, le premier jour n’est pas idéal : de véritables troupeaux de VIP et de professionnels s’agglutinant dans les allées, envahissant les pavillons le verre de champ à la main, tout cela n’est guère propice à la contemplation sereine des oeuvres. Il faudra donc revenir in situ, et s’armer de courage, car les parcours des jardins et de l’Arsenale sont plutôt épuisants. 

88 pavillons squattent cette édition, du plus couru (le Français avec les artistes allemands, dont la star Ai Wei Wei) au plus exotique, comme celui du Vatican… Autant dire que se farcir Venise en tout sens n’est pas de tout repos -même si bien évidemment l’on est dans la plus belle ville du monde et que l’on ne va pas bouder son plaisir- surtout si l’on ajoute les événements et expositions colatéraux, comme Prima Matiera à la Punta della Dogana, sur laquelle nous reviendrons, ou l’expo Roy Lichtenstein, encore…

Pour ce qui est des pavillons, justement, la visite laborieuse (une demi-heure de queue) du pavillon français -qui à l’occasion du cinquantenaire de l’amitié franco-allemande accueille cette année la représentation allemande- ne fut guère convaincante, l’étoile dissidente Wei Wei ayant opté pour une installation très scolaire et décevante, pour le dire sans fard. Soit un amoncellement de tabourets qui, s’il occupe toute la rotonde du pavillon de manière très aérienne, n’en demeure pas moins un pur exercice formaliste sans beaucoup de consistance…

Laura Almarcegui dans le pavillon espagnol s’en tirait beaucoup mieux, avec l’une de ses installations de gravats assez réussie, en tout cas impressionnante. Tout comme Berlinde de Bruyckere qui dans le pavillon belge, avait osé une énorme wax-sculpture bien dans sa ligne esthétique, à savoir fortement anthropomorphique (même s’il s’agissait là d’un arbre et de ses appendices, traités de manière hyper-réaliste), et surtout très «malade», raccommodée de pansements, le tout dans des tonalités de chairs en putréfaction. Du Berlinde de Bruyckere, quoi.

Mais bien sûr, tout ceci n’était qu’une mise en bouche… La magie vénitienne de la Biennale fonctionnant à plein, au moins jusqu’à l’ouverture au public le 1er juin, pour ce qui reste tout de même l’une des plus belles fêtes de l’art au monde.

Marc Roudier

visuel : Ai WEI WEI  / installation au Pavillon français / La Biennale 2013

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