FESTIVAL : ZOA ZONE D’OCCUPATION ARTISTIQUE, A PARTIR DU 7 OCTOBRE

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ZOA, Zone d’Occupation Artistique / La Loge 77 rue de Charonne 75011 Paris / Du 7 au 13 octobre 2013.

ZOA, Zone d’Occupation Artistique, est un jeune festival de danse contemporaine et de performances qui veut donner une visibilité à des artistes émergents. Cette manifestation permet à des chorégraphes et des performeurs de présenter leurs créations, de se sentir libres. D’oser. Car Zone d’Occupation Artistique fait éclater les cadres, tourne le dos à la norme.

Pétillante pépinière, ZOA s’adresse aux artistes et spectateurs qui préfèrent les terrains de jeu où règne encore l’aventure, et la jubilation qu’elle procure, plutôt que les espaces balisés. Les artistes ont donc carte blanche pour parler de notre temps en abordant, sans tabou, les thèmes qui les intéressent.

Issus de l’univers chorégraphique, théâtral ou plastique, les créateurs invités adjoignent à la danse ou au théâtre une dimension performée – un engagement du corps au présent sur le plateau – et, à la performance, une dimension musicale, textuelle, chorégraphique, vidéographique.

A L’AFFICHE DE LA 2ème édition :

Mélanie Perrier – IMMINENCE
Création Lundi 7 octobre à 20 h

Dispositif pour deux danseuses et une éclairagiste, « Imminence » met en jeu deux corps face à face et un tiers aux alentours. En tension permanente, un duo féminin se confronte au désir et à l’attraction.

Le désir commence ici par tous les trajets d’approche, les alentours d’une adresse, les dialogues de regards et les mouvements inframinces de corps qui se cherchent. Mélanie Perrier chorégraphie le « presque », l’imminence du toucher : non pas une échappée, mais un mouvement qui n’en finit pas d’arriver. Cette imminence porte en elle aussi bien un devenir proche qu’un possible danger.

Dialogue du pré contact, vibration fugace et persistante entre les corps, la pièce articule trois partitions : une chorégraphique, une lumineuse et une musicale. Car une troisième danseuse vient faire et défaire l’image de ces deux corps par la mobilité d’un unique faisceau de lumière sur le plateau, pour rendre le point de vue du spectateur mouvant et osciller entre la deuxième et la troisième dimension.

Cristian Soto et Stéphanie Lupo – THIS IS THE END
Création Lundi 7 et mardi 8 octobre à 21 h

Projet de Cristian Soto, auteur du texte et concepteur du dispositif, et de Stéphanie Lupo, actrice et performeuse, « This is the end » s’attache à recréer l’univers de sensations intérieures qui dominent lorsqu’un être humain ouvert, critique, sensible et conscient tente de se confronter frontalement au monde froid, violent et envahissant, caractéristique des grandes métropoles d’aujourd’hui marquées par un capitalisme outrancier.

La pièce évoque à la fois la fascination et la confusion d’un humain précipité dans un univers d’hyper fragmentation qui influence son mental et finit par modifier sa relation au monde, aux autres et à lui-même. Le monde extérieur et le monde interne de cet être se mêlent dans un univers où paroles, discours et faits historiques s’entrecroisent, mais restent séparés.
L’actrice-performeuse – dont une installation sonore et vidéo amplifie et modifie la présence live – devient l’image de cet être contemporain pris dans un flux en constante mutation : à mesure qu’elle parcourt le texte, elle semble emportée dans une fuite sans destination, alors même que son corps est inséré dans une diversité d’images toujours plus mobiles et de moins en moins concrètes.

EVA KLIMACKOVA – move / au masculin
Version interprétée par la chorégraphe Mardi 8 octobre à 20 h

Reprise d’un projet récemment créé, « move / au masculin » est le volet « mâle » d’un diptyque. Ce masculin est d’autant plus ambigu que la chorégraphe slovaque Eva Klimackova dansera elle-même cette fois-ci ce solo – il sera ultérieurement complété d’un move / au féminin. Apparition luxueuse et imprévisible, brute et sensible, « l’homme » qui se déplace, revêtu d’une combinaison dorée, a été parachuté dans un espace-temps futuriste. Où il obéit aux lois physiques, aux codes de mouvements spécifiques afin de créer la fiction d’une « symphonie spatiale ».

Essentiellement composée de détails, de mouvements involontaires, de petits gestes oubliés, l’écriture chorégraphique modèle une symphonie au masculin ironiquement et tendrement quotidienne : l’homme s’avère tantôt enfantin, tantôt rêveur, touchant, primitif, absurde, viril, dur, drôle,… Un cosmonaute au bougé tout en finesse se métamorphose, projeté dans un devenir de plus en plus machinique.

Clyde Chabot et André Eric Létourneau – INSURRECTIONS…
Création Mercredi 9 et Jeudi 10 octobre à 20 h

Une création collective impulsée par Clyde Chabot, auteur et metteur en scène française, et André Eric Létourneau, compositeur et artiste extradisciplinaire québécois, à partir de L’Insurrection qui vient du Comité Invisible, du Manifeste des Pussy Riots, du Manifeste du Front de Libération du Québec…

Porteurs d’espoir et de révolte, ces textes invitent à se dresser pour ne pas accepter la situation existante et pour améliorer le futur. Leur déplacement de la sphère politique à la sphère artistique permet de les considérer comme des matériaux poétiques réactifs. Quels sont les mots qui parviennent à faire rêver aujourd’hui politiquement et émotionnellement ? Qui éclairent, donnent le courage et l’envie de s’extraire de la sphère domestique pour tenter d’agir et de penser le monde et soi-même différemment ? Dans « Insurrections… », l’impossibilité à « y croire encore » est confrontée à l’enchantement d’une utopie collective, comme deux mouvements contraires.

Les extraits choisis sont travaillés par Clyde Chabot au travers du souffle et du corps des comédiens. Et orchestrés par les compositions des musiciens et par les images et les sons diffusés, par internet ou radiodiffusion, d’André Éric Létourneau qui, en compagnie d’autres performeurs québécois, interagit avec les performeurs français grâce à un écran vidéo et à la téléprésence. L’aléatoire est au rendez-vous…

Enna Chaton – I FEEL AWKWARD (Je me sens maladroit(e))
Création Vendredi 11 octobre à 20 h

Enna Chaton travaille avec des hommes et des femmes de tous âges, de tous milieux, bénévoles, qui répondent à ses appels à participation par petites annonces. Après de nombreux échanges par mails, elle constitue des groupes, organise des rencontres et met en scène des performances au cours desquelles les participants explorent des territoires qui leur sont inconnus : ils inventent un vocabulaire, une langue, une façon de s’approprier le geste, le lieu, la nudité.

Leur présence crée une forme singulière puisqu’Enna Chaton provoque une vaste mise à nu : une confrontation à la fois douce et brutale, frontale, avec soi-même, avec les autres et avec le public. La plasticienne, photographe et performeuse accompagne d’ailleurs nue les participants en un souci de partager leur fragilité. Avec eux, elle tente d’ouvrir un espace permissif, expérimental où l’être se révèle différent que dans son quotidien, où la nudité crée un univers décalé du monde actuel. Cette nudité, démocratique, balaie les normes et les stéréotypes.

Dans « I feel awkward » (Je me sens maladroit(e)) créé pour le festival ZOA, les êtres, les corps seront là, nus, en mouvement, évoquant le désir éprouvé par chacun de se sentir regardé, touché, respecté,… Quant aux spectateurs, ils s’installeront, selon leur envie, autour des participants ou en leur compagnie.

Mohamed El Khatib – CORPS DE BALLET
Création Vendredi 11 à 21 h et Samedi 12 octobre à 21 h 30

Corinne Dadat a 50 ans, elle est femme de ménage au lycée Sainte- Marie de Bourges, employée en Contrat à Durée Indéterminée dans cet établissement privé, rémunérée au smic. Chaque jour, elle accomplit avec ses outils ménagers un parcours gestuel. Le rythme, l’amplitude, la répétition de ses mouvements, qui agissent comme un leitmotiv, constituent la colonne vertébrale de « Corps de ballet », performance pour une femme de ménage, une mère, et une danseuse, sa fille. Quel héritage intime, social et politique cette mère précaire peut-elle transmettre à son enfant ? Le corps de Corinne dialogue avec celui d’Elodie : Elodie Guezou prête son corps au ballet quotidien effectué par Corinne.

A travers cette pièce – qui commence par un portrait audio et vidéo de Corinne Dadat -, Mohamed El Khatib cherche à faire émerger le caractère poétique du corps ouvrier, du corps de Corinne au travail, délocalisé sur scène. Comme le corps d’Elodie s’est déformé par l’assimilation d’une technicité poussée à l’extrême : le travail à la chaîne pour l’une, les gammes pour l’autre. La recherche chorégraphique de la pièce repose dès lors sur la gestuelle mécanique quotidienne des travaux « ménagers ».
……………….
Débat : COMMENT LA PERFORMANCE TRAITE-T-ELLE LE POLITIQUE ? Samedi 12 octobre à 20 h
Ce débat sera animé par Jean-Marc Adolphe, directeur et rédacteur en chef de la revue Mouvement. Le débat sera suivi de CORPS DE BALLET de Mohamed El Khatib à 21 h 30.

Stéphanie Lupo – CONFERENCE PERFORMEE : AUX ORIGINES DE LA PERFORMANCE COMME FORME D’ART CONTESTATAIRE ET REBELLE
Dimanche 13 octobre à 18 h

Auteur, performeuse, pédagogue, chercheuse, Stéphanie Lupo nous entraîne, en une « Conférence performée », dans le contexte effervescent des années 50 et 60, moment où émerge le courant précurseur de l’art performance appelé « Art action ». Ce terme désigne des pratiques qui, après la seconde guerre mondiale, au Japon, aux Etats-Unis et en Europe tendent à décloisonner arts plastiques et arts scéniques dans un esprit de révolte, d’insoumission et d’expérimentations « véritables ». Naissent des formes d’art en marge de l’art institutionnel qui se veulent non achetables et périssables. Des mouvements tels que Lettrisme, Situationnisme, Happenings, Fluxus, Gutai, Poésie directe et Actionnisme viennois se développent dans une soif de pureté des artistes.

L’idée d’un art qui rejoint la vie serait omniprésente dans l’« Art action », estime Stéphanie Lupo : elle serait le sésame pour comprendre l’éclatement des catégories et l’entrée en scène du corps de l’artiste, souvent de manière sauvage ou violente. Elle serait également une clé pour saisir les compositions multidisciplinaires et débridées de John Cage, les happenings à priori chaotiques d’Allan Kaprow, sulfureux de Jean-Jacques Lebel, dénudés du Living Theatre. Ou encore les éphémères paniques d’Arrabal et Jodorowski.

http://zone-occupation-artistique.tumblr.com/

Visuel : Enna Chaton, copyright E. Chaton

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