FOCUS : TRISHA BAGA, « GRAVITY » AU PEEP-HOLE A MILAN

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MILAN : Trisha Baga : Gravity / Peep-Hole, Milan, jusqu’au 16 Novembre 2013 / Biennale de Lyon 2013, Lyon.

Première exposition de l’artiste et performeuse américaine Trisha Baga à Milan, « Gravity » explore l’univers particulier de l’artiste avec des installations vidéos et autres images. Trisha Baga expose par ailleurs actuellement à la 12e Biennale de Lyon. Jusqu’au 16 novembre au Peep-Hole, Milan.

La recherche de Trisha Baga se distingue par une utilisation polyvalente des languags allant de la performance à la vidéo, de la peinture à la sculpture à la projection vidéo en 3D stéréoscopique, et à la construction d’images stratifiées qui impliquent la participation multisensorielle du spectateur.

Son approche expérimentale suggère des affinités avec les pionniers de l’art vidéo, en raison de l’extrême liberté des références et des visions produites, la fluidité de déplacement du rêve à la réalité, enquête sociale à l’histoire, le mythe de l’imagerie pop. Grâce à ses «compositions» détaillés où le hasard et l’intention transparente s’entremêlent, Baga génère un vortex de l’information qui défie nos capacités cognitives, dans le but de potentiel d’amplification et de briser tout type de hiérarchie de vision ou des valeurs.

Consciente du potentiel inclusive de la vidéo, l’artiste crée des chevauchements entre les œuvres de cinéma, la peinture, la sculpture, la photographie et le son, les travaux amateurs et des documents d’archives, en les plaçant dans un champ audio-visuel multiforme et immersive. Une forme particulière de « mixed media » qui vient du désir de s’ouvrir au monde et de toutes les façons imaginables de le représenter.

Trisha Baga fonctionne en utilisant tout autour d’elle les sujets récurrents dans ses vidéos que sont la culture, les amis et les gens qui font partie de sa vie et des médias, de même que ses installations sont toujours faites d’objets et matériaux trouvés à portée de main, puis organisés en compositions rythmiques qui viennent de l’improvisation et font montre d’un sens raffiné de la précarité et de l’éphémère.

Gravity, qui emprunte son titre au film en 3D d’Alfonso Cuarón, est un projet spécifique au site qui transforme l’espace en un paysage détaillé composé de projections, d’objets et de peintures. La combinaison de ces éléments développe un récit fragmenté dans lequel les relations entre les personnes et les objets, avec l’utilisation d’une langue à l’autre, se croisent pour produire une polyphonie de paramètres et de matériaux qui crée des chemins d’images d’une grande puissance évocatrice.

L’exposition est composée d’un ensemble d’objets trouvés et construits, et le large éventail de possibilités qui existent entre ces deux extrêmes: des vidéos, des images et des sons qui proviennent de l’atelier de l’artiste, de la rue et de l’ordinateur. La manière dont ces éléments sont disposés dans l’espace devient un exemple de la pratique de Trisha Baga en matière de vidéo en 3D avec une approche artisanale: un processus qui commence avec le matériel, la création de sous-produits, reconfiguré dans l’espace comme une sorte d’inventaire qui documente chaque phase de l’ensemble du processus, un corps abstrait qui existe à travers la mémoire des différents fragments.

De l’accumulation d’objets et de matériaux presents dans la première salle, on procède progressivement à un environnement plus raréfié, jusqu’à la dernière chambre où tout converge dans la projection du film Autre Gravity, 2013. Un chemin qui indique le passage de la matière à sa représentation, de la nature physique d’un corps à l’abstraction de son image.

La multiplicité des sources reconnaissables dans l’exposition, allant du cinéma hollywoodien aux musées de cire, de David Bowie à Picasso, du Metropolitan Museum of Art de New York pour des paysages urbains aux scènes de la vie quotidienne, ne devrait pas être considérée comme «références», mais plutôt comme l’accumulation de «matériaux» utilisés pour composer un décor de l’imagerie saisissante et poétique, où il n’y a pas de classement et où chaque individu a le même poids, la même «gravité» que les autres. La vidéo qui montre Picasso en regardant la célèbre série Sex and the City TV est l’emblème de tout cela. Picasso devient un caractère ordinaire, comme le chien, la bouteille ou la fleur qui apparaissent dans les films. L’icône de l’art du 20e siècle, est utilisé comme une couleur, une forme, un outil qui a le même «gravité» que n’importe quel autre organisme.

La caméra vidéo de Trisha Baga ne se déplace pas de manière sélective : elle enregistre tout ce qui se passe autour et au-dessus de ce «tas de représentation», comme l’artiste l’appelle. Baga intervient avec une « colle » qui tient toutes ces choses ensemble. « Gravity » comme un liant naturel devient la métaphore de cette intervention, de la force d’attraction entre deux corps, du désir, du magnétisme qui relie chaque chose aux autres.

Trisha Baga (Venice, Floride, USA, 1985. Vit et travaille à New York) est titulaire d’un BFA (Bachelor of Fine Arts) en 2007 à la Cooper Union School of Art de New York. En 2010, MFA (Master en Beaux-Arts) à l’Avery School of the Arts, Bard College, New York Milton. Expositions récentes: Florida, Société, Berlin; Hercules Radio, Frieze Sounds Program, New York, 2013; The Biggest Circle, Greene Naftali Gallery, New York; Rock, Vilma God, London; New Pictures of Common Objects, MoMA PS1, New York; Plymouth Rock 2, Whitney Museum of American Art, New York; Holiday, Dundee Contemporary Arts, Dundee; World Peace, Kunstverein, Munich; Pedestrian Mysticism (performance), Cornerhouse, Manchester, 2012; Performative Screening, Electronic Arts Intermix, New York; 14 & 14, The Lipstick Building, New York; Rectangle with the Sound of its Own Making, The Fourth Wall at Vox Populi, Philadelphia; Alias Bunker Sztuki, Contemporary Art Museum, Krakow, 2011.

Trisha Baga expose actuellement son travail à la 12e Biennale de Lyon Pendant ce temps … bruquement, et ensuite, Lyon, France, 2013.

Peep-Hole @ Fonderie Battaglia / via Stilicone 10-20154 Milan / info@peep-hole.org

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Visuels : vues de l’exposition Trisha Baga au Peep-Hole à Milan.

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