VIEJO, SOLO Y PUTO : SERGIO BORIS

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VIEJO, SOLO Y PUTO de Sergio BORIS / 14/11/2013 – 15/11/2013 Théâtre De L’université Paul Valéry La Vignette, Montpellier.

Depuis le début de l’année, le théâtre de la Vignette, théâtre de l’université Paul Valéry à Montpellier ne désemplit pas. Depuis dix ans, la programmation s’affine, les spectacles et le public se trouvent tout en privilégiant l’excellence et la découverte artistique. Les 14 et 15 Novembre dernier, les spectateurs sont venus nombreux assister à un spectacle argentin : VIEJO, SOLO Y PUTO de Sergio Boris.

Ils sont perdus, les deux vieux travlos de Sergio Boris. Perdus dans leurs vie, dans leurs amours, dans leurs lieux de tapinage… La scène se passe entre les étalages d’une vieille pharmacie miteuse qu’Evaristo et Daniel, en manque de re-père, viennent de reprendre. L’un a mis treize ans à obtenir sa licence, l’autre pille les stocks et fait du deal à la petite semaine. S’accoquine à ce quatuor de prostitués et de pharmaciens, un représentant médical inutile et hâbleur.

Pendant une heure, dans un jeu et une dramaturgie hyper-réaliste (et donc un peu plats), le metteur en scène nous expose un monde sale et morne qui ne vaut vraiment pas grand chose. Le constat est sans appel et sans tendresse aucune pour cette société qui laisse à la marge trop de gens. Sur la forme, le constat théâtral de Boris sera le même : sans nuances. Refus de la fable, rejet de l’amartia et du système coercitif d’Arisitote* dans son ensemble. On n’est pas la pour se faire émouvoir, on est là pour voir le défilé de la vie des bas-fonds, de la vie dans les arrière-boutiques des grandes capitales mondiales.

« Nous voulons parier sur un théâtre dont le jeu procède d’une multiplicité de plans, plutôt que de modèles comportementaux ou de caractères donnés ». explique Sergio Boris. Et pourtant, le spectacle aurait pu s’appeler « Modèles comportementaux de la race du looser » tellement on assiste à un documentaire sur la vie des pauvres gens désœuvrés (version avec la drogue). Cette arrière salle de pharmacie nous appelle immanquablement au φαρμακός (pharmakos) grec, celui qu’on immole en expiation des fautes d’un autre. Par ces vices, la société crée des victimes, des boucs émissaires, que l’on sacrifiera pour rasséréner la société.

Qu’est-ce qui gouverne nos existences ? La question (œdipienne par excellence, décidément, Sergio Boris a écrit une tragédie grecque!) se pose sans cesse à travers ce que le metteur en scène et auteur nous offre de la vie de ses personnages.

Bruno Paternot

Un extrait du spectacle : http://vimeo.com/66164126

CALENDRIER DE TOURNÉE :
15/10/2013 – 17/10/2013 Fiba – Festival Internacional De Buenos Aires , Buenos Aires, Argentine
14/11/2013 – 15/11/2013 Théâtre De L’université Paul Valéry La Vignette, Montpellier, France
20/11/2013 – 22/11/2013 La Manufacture Atlantique, Bordeaux, France
25/11/2013 – 27/11/2013 Next Festival, Courtrai, Belgique

Spectacle en espagnol surtitré en français / durée : 1h10  / Mise en scène : Sergio Boris (Buenos-Aires / Argentine) / Avec : Patricio Aramburu , Marcelo Ferrari, Darío Guersenzvaig, Federico Liss , David Rubinstein.

Une émission de radio (en espagnol) : http://www.youtube.com/watch?v=5exremWXfSI (Aperçu)

* Il est finalement assez rare d’assister en France à des spectacles rejetant la pensée aristotélicienne. Sur le sujet, se reporter à : Aristote ou le vampire du théâtre occidental de Florence Dupont (ed. Aubier)

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