KUNSTENFESTIVAL BRUXELLES : « QUARANTE-ET-UN », UNE CREATION DECEVANTE MALGRE L’ENVIE

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Correspondance à Bruxelles.
QUARANTE-ET-UN / Création de Transquinquennal / Kunstenfestivaldesarts / Bruxelles / Jusqu’au 24 mai 2014.

Dans le cadre du Kunstenfestivaldesarts, l’un des plus grands festivals des arts consacré à la création contemporaine en Europe, l’étonnant collectif belge Transquinquennal présentait il y a quelques jours sa toute dernière création « Quarante-et-un », quarante-et-unième spectacle depuis la création de la compagnie en 1989. Une attention toute particulière de la part du public bruxellois et étranger lui est dévolue à chaque nouveau spectacle et c’est mérité tant leur univers et leur pratique dérangent, provoquent, questionnent.

Emblème belge d’un théâtre contemporain utilisant toutes les formes possibles, remettant en cause les pratiques anciennes d’un théâtre « trop » bourgeois -de la déconstruction de la narration en passant par l’image, la vidéo- ce collectif aime susciter le débat chez le spectateur, peut-être lui aussi devient-il acteur de ce qui se joue devant lui. Beau programme !

Transquinquennal propose une expérience théâtrale hors norme dans chacun de ces spectacles. Ici, c’est le questionnement du « beau » qui est la source de cette parole. Sous diverses interventions scéniques, sans rapport réel les unes avec les autres, il nous est proposé de réfléchir sur la beauté dans tous ses états, parfois scandaleuse, imaginative, intuitive ou bien intrusive, voire abjecte. Mais qu’est-ce que la beauté au XXI siècle ? Comment l’appréhender ? Quel regard partager ensemble dans une salle de spectacle ?

Le pari artistique de ce collectif théâtral, à chaque fois remis sur scène, est un pari fou qui promet, à coup sûr des surprises. Mais parfois, il mène à l’incompréhension, à l’exaspération. On se demande où Transquinquennal a bien voulu nous emmener cette fois-ci. Nous avions été habitués à plus d’audace, plus de subtilité dans le propos, plus d’invention dans la forme et dans le fond. Ici, tout semble décousu, livré en pâture et le spectateur que je suis s’est senti un peu seul tout du long. Peu de surprises en somme, à quelques exceptions près, comme le magnifique texte « La peinture à Dora » de François Le Lionnais, touchant notre âme sensible à l’esthétique des pinceaux sur une toile et quelques situations loufoques qui donnent des brins d’humour çà et là pendant près de 2 heures . Un peu maigre pour une telle compagnie, non ?

Le travail et la recherche ne peuvent être remis en cause d’un bloc mais à l’incompréhension s’ajoute la déception quand on attend trop de l’autre. Et à la question posée tout au long de ce spectacle, « Préférez-vous voir un beau spectacle ou un bon spectacle ? On n’ose y répondre à propos de « Quarante-et-un », enfin si un peu quand même ! Vivement le prochain.

Philippe Maby

Kunstenfestivaldesarts, Bruxelles, jusqu’au 24 mai. Infos & rés. : +33 (0) 70.222.199 ou http://www.kfda.be.

Photo Josepha Ferris

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